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BRUXELLES D'ANTAN, D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN
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mercredi 30 mars 2016

Les auteurs des attentats terroristes perpétrés à Bruxelles le 22 mars 2016 - Najim Laachraoui


Attentats terroristes perpétré à Brussels Airport - 22 mars 2016 - Najim Laachraoui - Bruxelles-Bruxellons

Najim Laachraoui 
Connu aussi sous la fausse identité de Soufiane Kayal
Né le 18 mai 1991 à Schaerbeek - 24 ans
Nationalité belge 

Najim Laachraoui est officiellement identifié comme étant le second kamikaze de l'attentat terroriste perpétré à Brussels Airport (Source : communication du parquet fédéral - 25 mars 2016). Il est aussi indubitablement impliqué dans la préparation et la coordination des attentats de Paris dont il serait l'artificier. On a retrouvé des traces de son ADN dans plusieurs planques utilisées par les terroristes avant les attentats ainsi que sur du matériel explosif utilisé au Bataclan et au stade de France.

2003 - 2009 - Études secondaires
Le jeune Najim fait ses étude secondaires à l'Institut de la Sainte-Famille d'Helmet, un établissement catholique de la commune de Schaerbeek dont il sort diplômé en 2009.  Veronica Pellegrini (la directrice de l'établissement) ne sait pas ce qui a pu arriver : "C'était un bon élève, sans aucun problème disciplinaire. Il n'a jamais redoublé, il a eu un parcours scolaire tout à fait classique" (Source : AFP).
Après 6 ans d'études primaires, il rentre dans le cycle secondaire à l'âge de 12 ans et en sort à l'âge de 18 ans. De tels parcours scolaire, sans redoubler une seule année, sont presque devenus l'exception de nos jours. Cela témoigne d'un bon niveau d'intelligence et probablement d'un soutien parental attentif. On est très loin du "cliché" de l'adolescent déscolarisé traînant dans la rue, du jeune homme issu d'une famille immigrée, largué par la société et sans avenir professionnel qui bascule dans la petite délinquance et se laisse facilement séduire par les discours de DAESH.

2011 - 2012 - Études techniques abandonnées
Najim Laachraoui entame ensuite des études d'électromécanique, dont il termine la première année en 2012 avec une "satisfaction" (la plus basse mention pour un examen de fin d'année de l'enseignement supérieur), selon une revue d'anciens élèves de la Sainte-Famille (Source : AFP). Il décroche à l'âge de 21 ans et n'ira pas plus loin dans ses études
C'est manifestement entre 2010 et 2012 que la situation a dérapé pour cet étudiant qui a pourtant effectué un parcours scolaire "sans faute" jusque fin 2009. 

Questions citoyennes : 
  • Il serait intéressant de savoir qui faisait partie de son entourage proche durant cette période, qui pouvait l'influencer et quelle était la mosquée de Bruxelles qu'il fréquentait. (Des réponses qu'on trouve peut-être dans les annales du procès de février 2016 ?) 
  • On peut aussi s'interroger sur le "trou" dans son emploi du temps entre juin 2009 (fin des humanités) et septembre 2011 (début de ses études d'électromécanique). Que s'est-il exactement passé durant cette année "sabbatique" de 2010 qui est vraisemblablement à la source de sa radicalisation ?
Mourad Laachraoui, frère cadet du terroriste et athlète belge de niveau international ("Taekwondo" - Art martial d'origine sud-coréenne - Classé 6ème mondial en moins de 54 kg), a tenu une conférence de presse  le 25 mars 2016. Par la voix de son avocat, il condamne fermement et sans équivoque les attentats de Paris et de Bruxelles en soulignant qu'on n'est pas responsable des agissements de son frère. Il répond ensuite aux questions des journalistes :
"Je n'ai aucune idée pourquoi mon frère a basculé dans le terrorisme. On n'a pas vu de changement quand il s'est radicalisé.../...Je retiens de lui l'image d'un garçon gentil et surtout intelligent.../...Je suis triste et accablé par ce qui s'est passé et ma famille est effondrée mais il reste mon frère et je n'ai pas de ressenti vis-vis de lui."
Ces propos sont très proches de ceux tenus par Mohamed Abdeslam lors de ses déclarations dans les médias après la révélation de l'implication de ses frères Salah et Brahim Abdeslam dans les attentats de Paris. Selon lui, c'étaient eux aussi de "gentils garçons" et "la famille n'avait rien vu venir". Sauf que, à l'inverse de Najim Laachraoui, ils avaient déjà un passé assez chargé de petits délinquants.

2013 - Départ pour la Syrie
En février 2013, Najim Laachraoui quitte la Belgique pour rejoindre la Syrie où il restera près de trois ans. Sa famille aurait appris son départ par un coup de téléphone qu'il a passé à ses parents. Ces derniers signalent sa disparition à la police, apparemment sans réaction particulière des autorités puisqu'il n'y aurait plus eu aucun contact entre la famille et la police par la suite (selon les propos tenus par son frère lors de sa conférence de presse).

2014 - Mandat d'arrêt international
Un mandat d'arrêt international est délivré à son encontre le 18 mars 2014.  Il est également repris sur la liste des "personnes radicalisées potentiellement dangereuses" établie par l'OCAM (l'organe de coordination pour l’analyse de la menace). Ce qui ne l'a pas empêché de revenir de Syrie vers la Belgique à la fin de l'année suivante sans être inquiété.

2015 - Retour en Belgique

Septembre 2015
Sa trace réapparaît le 9 septembre 2015, soit près de trois mois avant les attentats de Paris. 
Salah Abdeslam loue une Mercedes pour aller réceptionner deux individus à Budapest et les ramener en Belgique. Lors d'un contrôle routier à la frontière austro-hongroise, les deux passagers du véhicule présentent de fausses cartes d'identité belges qui n'éveillent pas les soupçons de la police autrichienne. L'une est au nom de Soufiane Kayal, l'autre au nom de Samir Bouzid. L'enquête menée après les attentats meurtriers de Paris révèle qu'il s'agissait en fait de Najim Laachraoui et de Mohamed Belkaïd (*).

Questions citoyennes : 
  • Puisque ce contrôle concernait trois individus d'origine maghrébine, munis de cartes d'identité belges et revenant de Hongrie (donc potentiellement de Syrie, via la Turquie), la police autrichienne a-t-elle transmis cette information à la police fédérale belge dès le mois de septembre ? 
  • Si c'est le cas, les deux fausses identités communiquées n'auraient-elles pas dû attirer l'attention des policiers belges ? Si ce n'est pas le cas, comment ce simple "contrôle routier" a-t-il resurgi du placard trois mois plus tard, lors de l'enquête menée suite aux attentats de Paris ?
26 novembre 2015 
Perquisition dans une maison à Auvelais (près de Namur)
Le 5 octobre 2015, Najim Laachraoui loue cette maison pour un an, sous la fausse identité de Soufiane Kayal. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir été, avec Mohamed Belkaïd (*), en lien par téléphone avec certains des kamikazes opérant à Paris, le soir du 13 novembre. Des traces de son ADN ont été retrouvées dans la planque d'Auvelais ainsi que sur du matériel explosif utilisé au Bataclan et au Stade de France. 

10 décembre 2015
Perquisition dans un appartement, rue Henri Bergé à Schaerbeek. 
On y retrouve également l'ADN de Najim Laachraoui et des empreintes digitales de Salah Abdeslam, ainsi que des traces de TATP, une balance de précision et trois ceintures d'explosifs confectionnées à la main. 

2016 - Épilogue 
En février 2016, Najim Laachraoui est jugé "par défaut" à Bruxelles dans le procès d'une filière de recrutement de combattants par l'EI. Le 29 février, une peine de 15 ans de prison est requise à son encontre pour avoir organisé en Syrie l'accueil des candidats djihadistes recrutés en Belgique. 
Moins d'un mois plus tard, il participe à l'attentat suicide du mardi 22 mars à Bruxelles Airport en déclenchant l'une des deux charges explosives utilisées. 
La police fédérale belge le recherchait activement depuis le début du mois de décembre 2015. 
L'avis de recherche n'a cependant été diffusé par la police, à la demande du Parquet fédéral, que le lundi 21 mars, soit la veille des attentats perpétrés à Bruxelles, soit plus de trois mois après avoir eu la preuve formelle de son retour en Belgique et de son implication dans la préparation des attentats de Paris.

Questions citoyennes :  
  • Comment expliquer que cet  avis de recherche via les médias ait été lancé aussi tardivement ? (D'autant plus que le mandat d'arrêt international a été émis dès le 18 mars 2014)
  • Faut-il y voir une volonté de ne pas compromettre l'enquête et les recherches en cours en alertant prématurément le terroriste concerné ? Najim Laachraoui n'était-il pas, de toute manière, déjà bien informé qu'on était à sa poursuite ? Dès lors, pour quelles obscures raisons cet avis de recherche n'a-t-il pas été diffusé publiquement dès la fin de l'année 2015 ? 
(*) Mohamed Belkaïd (alias Samir Bouzid) 
Cet algérien de 35 ans réapparaît quatre mois après son arrivée en Belgique en compagnie de Najim Laachraoui. Lors d'une perquisition effectuée le 15 mars 2016 dans un appartement présumé "vide" à Forest, un individu tire sur les forces de l'ordre et blesse légèrement quatre policiers en couvrant la fuite de deux autres comparses. Finalement abattu par les forces de l'ordre, le terroriste décédé s'avère être Mohamed Belkaïd. Les deux fugitifs ne sont pas formellement identifiés (On parle à ce moment-là des frères El Bakraoui ou de Salah Abdeslam et d'un inconnu).

mercredi 2 mars 2016

Piétonnier du centre-ville de Bruxelles - Nouvelles modifications du plan de circulation


Bruxelles - Piétonnier du centre-ville - Modifications du plan de circulation 2016 - Accès et contournement - Les noeuds de la mobilité - (c) Bruxelles-Bruxellons

Alors que la phase de test "grandeur nature" de huit mois s'est terminée fin février, la Ville de Bruxelles confirme  les modifications et adaptations du plan de circulation annoncées en janvier. Les autorités communales s'efforcent ainsi d'apporter des réponses aux nombreuses doléances reçues lors des réunions menées trop tardivement avec les habitants-riverains et les commerçants. Par ce biais, elles tentent aussi de calmer la fronde grandissante des commerçants inquiets ou lésés qui ont entamé une action en justice et de contrer le recours auprès du Conseil d'Etat déposé par "Platform Pentagone".
Quelque peu précipitée pour faire avancer le schmilblick avant l'été et insuffisamment préparée, l'extension de la zone piétonne continue à susciter plus de critiques et de polémiques que d'enthousiasme.
D'un côté...
Les autorités communales affichent toujours un bilan optimiste en annonçant une augmentation conséquente du flux quotidien de piétons (x 2,5) et de cyclistes (x 2) sur le boulevard Anspach entre 2013/2014 et septembre 2015. Elles mettent aussi en exergue une amélioration très nette de la qualité de l'air (- 63,69% de particules fines cancérigènes émises par les moteurs diesel).
De l'autre côté...
L'Association "Patform Pentagone" dénonce l'absence de mesures comparatives de la pollution dans les rues et quartiers avoisinants qui accueillent la circulation détournée. Elle se demande d'ailleurs d'où vient ce chiffre puisqu'il n'y a qu'une seule station permanente de contrôle de la qualité de l'air située près de la place Sainte-Catherine et qu'elle n'est apparemment pas équipée pour vérifier le taux de particules fines.
A quelques exceptions près, les commerçants enregistrent une baisse de 30% de leur chiffre d'affaire en huit mois, qu'ils attribuent exclusivement au piétonnier. Pour le secteur horeca, elle serait même de 50%. Ce pourcentage alarmant est cependant à relativiser car il est directement impacté par la période troublée durant laquelle la menace terroriste a été portée au niveau 4 à Bruxelles. 

Un autre chiffre inquiétant vient appuyer les dires des commerçants : les parkings du centre-ville auraient enregistré une chute de 20 % dans les taux d'occupation des places. Échaudée par les difficultés pour y accéder, les encombrements et les parcours tortueux, une partie des clients-automobilistes a donc effectivement renoncé à se rendre dans le centre ville et l'augmentation significative des piétons et cyclistes qui respirent l'air pur du boulevard ne compense apparemment pas cette perte de clientèle motorisée. Il faudra un piétonnier réellement attractif pour les convaincre d'y revenir. 
En attendant son avènement prévu en 2017 (après une année de travaux d'aménagement qui ne va pas arranger les affaires), c'est l'occasion de refaire un petit tour d'horizon du plan de circulation, de ses modifications et des itinéraires d'accès qui sont quand même assez nombreux. Quand on se donne la peine de comprendre comment ça fonctionne, changer ses habitudes s'avère finalement un peu plus simple qu'on ne le pense...

Côté Nord-Ouest

N.B. La possibilité de rentrer dans le Pentagone via la rue de Laeken est prévue mais encore effective
Pour accéder au centre-ville et au piétonnier à partir du côté nord-ouest de la petite ceinture, les véhicules motorisés ont le choix entre 6 portes d'entrée et 6 portes de sortie principales.
Plusieurs boucles de circulation sont possibles.
  • En entrant dans le pentagone par le boulevard Emile Jacqmain, on peut en ressortir aussitôt, soit par le boulevard Adolphe Max (via la rue Saint-Michel, à gauche), soit par la rue de Laeken (via la rue du Pont Neuf ou la rue des Hirondelles, à droite). C'est également le chemin à suivre pour rejoindre la rue de l’Écuyer ou la rue de la Vierge Noire et se diriger vers l'est ou le sud de Bruxelles. Cette courte boucle donne accès au parking Alhambra (191 pl.) et au parking Centre (780 pl.).
  • En entrant par le boulevard Pacheco ou la rue Royale, on rejoint la rue Fossé aux Loups pour ressortir soit par la place de Brouckère et le boulevard Adolphe Max (nouveauté 2016), soit par la rue de Laeken. Ce circuit s'effectue également en sens inverse via le boulevard Emile Jacqmain, la rue de Laeken et la rue de l’Écuyer. Cette boucle plus longue donne accès à quatre parkings implantés au pied du piétonnier : De Brouckère (490 pl.), Monnaie (589 pl.), Écuyer (493 pl.), "58" (589 pl.). 
  • En entrant par le Quai du Commerce (via la place de l'Yser), on arrive directement  au Marché aux Poissons et à la place Sainte-Catherine. On peut en ressortir par le même chemin ou par la porte de Flandre via la rue Antoine Dansaert. Le circuit fonctionne dans les deux sens de circulation et donne accès à trois autres parkings : Dansaert 1 (211 pl.), Dansaert 2 (150 pl.), Lepage (691 pl.).
Ces différents itinéraires assurent tous la jonction avec la boucle de desserte nord-ouest du piétonnier (rue du Fossé aux Loups - rue de l'Ecuyer - rue de la Vierge Noire - rue Van Artevelde ).


Bruxelles - Piétonnier du centre-ville - Accès côté nord - Modification du plan de circulation 2016 - Bruxelles-Bruxellons
N.B. La possibilité de rentrer dans le Pentagone via la rue de Laeken est prévue mais pas encore effective
Modifications 2016

Au nord du piétonnier, l'adaptation majeure concerne la place de Brouckère dont la configuration est carrément inversée. La bande de circulation à sens unique prévue ne se trouve plus du côté des cinémas UGC en direction du centre-ville mais du côté de l'hôtel Métropole en direction de la place Rogier (*). 
En venant de la rue Fossé aux Loups, les automobilistes peuvent dorénavant tourner à droite, traverser la place de Brouckère et ressortir du Pentagone par le boulevard Adolphe Max. 
Par contre, pour rejoindre la boucle de desserte autour du piétonnier depuis le boulevard Emile Jacqmain, c'est nettement plus "tarabiscoté". Il faut transiter par la rue de Laeken via la rue du Pont Neuf ou la rue des Hirondelles (à droite). Les sens de circulation de la rue du Cirque et de la rue des Hirondelles sont adaptés pour mieux gérer les flux de trafic générés par le parking Alhambra et en faciliter l'accès.
Aux dernières nouvelles (fin avril 2016), pour dénouer le nœud du problème, la rue de Laeken devrait être remise à double sens mais cela nécessite des aménagements de la voirie.

N.B. Une autre solution alternative a été avancée par le MR (Mouvement réformateur...partenaire de la majorité à la Ville de Bruxelles) : remettre le boulevard Emile Jacqmain et la place de Brouckère à double sens de circulation, ce qui simplifierait singulièrement les choses pour l'accès aux 5 parkings, aux hôtels, restaurants, commerces et salles de cinémas.


Bruxelles - Piétonnier du centre-ville - Plan de circulation à hauteur de la place de Brouckère - Cette zone est-elle encore vraiment piétonne ? - Bruxelles-Bruxellons

Le gros point faible du piétonnier

La place de Brouckère et le début du boulevard Anspach font-ils encore véritablement partie de la zone piétonne ? 
D'une manière ou d'une autre, cette zone restera toujours un carrefour de passage obligé traversé par de nombreux véhicules, tant longitudinalement que transversalement, pour donner accès aux quatre parkings existants et assurer la jonction avec le "mini-ring". De l'aveu même du bourgmestre Yvan Mayeur, il ne peut être question de couper la liaison entre l'est et l'ouest de la ville, notamment pour préserver l'accès aux commerces et restaurants situés de l'autre côté du boulevard (Dansaert - Sainte-Catherine - Marché aux Poissons). On peut même se demander quel est l'intérêt de maintenir en piétonnier cette petite portion du boulevard entre la rue Fossé aux Loups et la rue de l’Évêque (rue de l’Écuyer). Encadrée par la double tour Philips et le building Anspach qui ont défiguré le centre historique de Bruxelles, la "promenade" n'y est guère plaisante, surtout lorsque le vent mauvais tourbillonne entre les deux immeubles imposants. N'eut-il pas été plus judicieux d'y conserver au moins une voie de circulation à sens unique comme sur la place voisine ?

(*) Cette décision a été prise en partie sous la pression du prestigieux hôtel Métropole (présent sur la place depuis plus d'un siècle) qui avait déposé plusieurs recours en Justice contre le plan de circulation de la Ville de Bruxelles. Un premier jugement du Tribunal de première instance leur avait donné raison en ordonnant le rétablissement de l'accès aux voitures sous peine d'une astreinte unique de 500.000 euros. Début novembre 2015, un accord "secret" aurait été signé entre l'hôtel et la ville pour mettre fin aux hostilités. 

Côté Sud-Est

Bruxelles - Piétonnier du centre-ville - Accès côté Sud & Est - Modification du plan de circulation 2016 - Bruxelles-Bruxellons


Pour accéder au centre-ville et au piétonnier à partir du côté sud-est de la petite ceinture, les véhicules motorisés ont le choix entre 7 portes d'entrée et 7 portes de sortie principales.

Côté Est
  • Que l'on entre dans le pentagone par la rue de la Loi, par la rue Ducale ou par la rue du Congrès, on aboutit toujours sur l'axe "rue Royale -  rue de la Régence" qui permet d'en ressortir par cinq portes différentes, de la place Louise au Botanique.
  • A partir de la rue Royale et de la rue des Colonies, via la place Sainte-Gudule ou le Cantersteen et la rue Duquesnoy, on rejoint assez facilement la rue Fossé aux Loups et la rue du Lombard qui bordent les deux côtés opposés du piétonnier. Ce circuit donne accès au parking Albertine-Square (714 pl.) via la rue des Sols ou la place de la Justice et au parking Grand-Place via la rue du Marché aux Herbes (992 pl.).
Côté Sud
  • A hauteur de la gare du Midi, le boulevard Maurice Lemonnier et l'avenue de Stalingrad forment une double boucle de circulation parallèle et interconnectée facilitant l'accès au parking Rouppe-Fontainas (500 places)
  • Au niveau de la Porte de Hal, la rue Haute (entrée) et la rue Blaes (sortie) traversent le quartier des Marolles et forment une seconde boucle d'accès via la place de la Chapelle.
  • Au niveau de la Porte Louise et via la place Poelaert, la rue de la Régence conduit directement à la place du Grand Sablon, à la place de la Chapelle et à la rue du Lombard (en passant sous le boulevard de l'Empereur). Ce circuit fonctionne également en sens inverse et donne accès au parking Albertine-Square via la place de la Justice (714 pl.).
Ces différents itinéraires assurent tous la jonction avec la boucle de desserte transversale au sud-est du piétonnier (rue des Bogards - rue des Alexiens - rue du Lombard - boulevard de l'Empereur).


Bruxelles - Piétonnier du centre-ville - Accès côté sud - Modification du plan de circulation 2016 - Bruxelles-Bruxellons

Modifications 2016

Le boulevard Maurice Lemonnier est à nouveau ouvert à la circulation dans les deux sens sur toute sa longueur (retour à la situation existante avant l'ouverture du piétonnier). 
Quant à la rue du Midi à partir de la rue des Alexiens, elle avait d'abord été remise en sens unique en direction de la place Rouppe et de l'avenue de Stalingrad. 
Mais aux dernière nouvelles (fin avril 2016), sous la pression des commerçants en colère, le tronçon de la rue du Midi reliant la place Rouppe et la rue des Alexiens sera finalement remis à double sens. La section, auparavant piétonne, entre la rue du Lombard et la rue des Alexiens redeviendra accessible aux voitures, mais à sens unique. 

Cette modification permet aussi d'améliorer la jonction avec l'autre boucle transversale au sud du piétonnier qui conduit vers l'est et le nord de Bruxelles.

Quartier Saint-Géry
On revient également à la situation antérieure en inversant les sens de circulation dans le quartier (rue Pletinckx, rue de la Grande Île, place Saint-Géry) afin de soulager le carrefour encombré à l'angle de la rue Van Artevelde et de la rue Pletinckx.

Rue Duquesnoy
La circulation se fait dorénavant dans les deux sens sur toute la longueur de cette rue pour faciliter l’accès à la Grande-Place, à la rue du Lombard et au parking Albertine-Square.



Outre le fait de permettre l'extension de la zone piétonne le nouveau plan de circulation ambitionnait aussi de réduire fortement le trafic automobile de transit dans le centre-ville.
Pour les automobilistes qui veulent échapper aux bouchons et aux tunnels de petite ceinture, les deux schémas d'itinéraires ci-dessus montrent qu'il reste parfaitement possible de traverser le pentagone de part en part. Même si c'est un plus tortueux et plus lent qu'avant, même si cela peut être dissuasif pour les automobilistes qui ne connaissent pas bien la ville, ce plan n'empêche pas vraiment le trafic de transit. Il a pour effet principal de reporter la circulation sur d'autres artères qui ne sont pas du tout adaptées pour l'accueillir.
Ceci dit, la nécessité de conserver une circulation automobile transversale et rotative autour du centre historique s'impose comme une contrainte évidente, tant pour l'accès aux commerces, aux domiciles des riverains et aux différents parkings que pour le maintien d'une interconnexion entre les différents quartiers.

 Jipé

jeudi 18 février 2016

Le Cirio, l'une des plus anciennes tavernes bruxelloises


Le CIRIO - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée en 2009 par la Commission Royale des Monuments & Sites de Bruxelles - Bruxelles-Bruxellons

Le CIRIO - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée en 2009 par la Commission Royale des Monuments & Sites de Bruxelles - Bruxelles-Bruxellons

LE CIRIO
Rue de la Bourse 18/20

Sur le côté gauche du Palais de la Bourse, on retrouve le dernier témoin survivant des 18 salons de vente et de dégustation de spécialités italiennes ouverts par Francesco Cirio (*) dans plusieurs villes d'Europe à la fin du XIXe siècle (Paris, Zurich, Moscou, Saint-Petersbourg...).

La "Maison Cirio" de Bruxelles voit le jour en 1886 dans l'un des immeubles qui viennent tout juste de sortir de terre le long de la toute nouvelle rue de la Bourse. En pleine effervescence, l'animation du boulevard Anspach attire la bourgeoisie aisée de la capitale; c'est l'endroit idéal pour installer une vitrine commerciale et faire connaître ses produits.
Au fil du temps, ne gardant de ses origines italiennes que le nom du fondateur, des souvenirs sur les murs et quelques spécialités à la carte, l'établissement s'est mué en taverne bruxelloise typique de la Belle Epoque et s'est construit sa propre histoire.

Plus d'un siècle plus tard, la décoration surannée et l'ambiance chaleureuse qui s'en dégage charment toujours une nombreuse clientèle marchant sur les traces de Jacques Brel qui adorait l'endroit et avait coutume de venir s'y attabler devant un "half & half" lorsqu'il séjournait dans sa ville natale.

"Le Cirio" - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée au patrimoine des Monuments & Sites en 2011 - Première salle à front de rue - Bruxelles-Bruxellons
Première salle à front de rue -  Lustres en fer forgé - Boiseries de style néo-Renaissance

"Le Cirio" - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée au patrimoine des Monuments & Sites en 2011 - Le bar - Bruxelles-Bruxellons
Première salle à front de rue - Meuble mural du bar de style néo-Renaissance

"Le Cirio" - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée au patrimoine des Monuments & Sites en 2011 - Salle centrale et salle arrière - Lambris et vitrines - Bruxelles-Bruxellons
Salle centrale et salle arrière - Lambris et vitrines d'inspiration Art-Nouveau

De 1889 à 1923....

Comme pour la taverne "Falstaff", située de l'autre côté du palais de la Bourse, la configuration actuelle de l'établissement est le fruit de plusieurs transformations successives. 
La premier agrandissement est réalisée très rapidement, trois ans à peine après l'ouverture (1889). Sous la direction de l'architecte Charles Gys qui a conçu l'ensemble homogène des bâtiments bordant la rue de la Bourse, les rez-de-chaussée des deux immeubles voisins (n° 18 et n° 20) sont réunis en remplaçant le mur porteur par des poutrelles et colonnes métalliques. 
Dix ans plus tard (1909), le décorateur Henri Coosemans dote la façade d'une élégante devanture d'inspiration néo-Renaissance composée de fines colonnes en bois torsadé se terminant en arcades, agrémentées de chapiteaux et de couronnes en bronze ciselé. La porte donnant accès au sas d'entrée est surmontée d'une vitre ornée d'une gravure à l'acide.
Pour accueillir une clientèle toujours plus nombreuse, une deuxième et une troisième salle sont aménagées ultérieurement dans le prolongement de celle créée en 1889. L'ultime transformation est réalisée en 1923 par l'architecte René Serrure. La cour arrière de l'immeuble (où se trouvaient les anciens sanitaires) est couverte pour agrandir la dernière salle de dégustation.
Lambris, vitrines et meubles suspendus, décoration murale en stuc façon "cuir repoussé" et papiers peints, colonnes gainées de laiton, lanterneaux en verre opaque, lustres en fer forgé et plafonniers en verre gravé sont restés pratiquement dans leur "jus d'origine".


"Le Cirio" - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée au patrimoine des Monuments & Sites en 2011 - Salle centrale et salle arrière - Médaillon de l'exposition universelle de 1910 - Bruxelles-Bruxellons
Vue de la salle centrale vers la salle arrière avec sa verrière factice - Médaillon de l'Exposition universelle de 1910

"Le Cirio" - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée au patrimoine des Monuments & Sites en 2011 - Salle centrale et salle arrière - Anciens panneaux publicitaires Art Nouveau - Bruxelles-Bruxellons
Vue de la salle avant vers les salles arrières - Panneaux publicitaires d'époque de style Art Nouveau

"Le Cirio" - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises - Classée au patrimoine des Monuments & Sites en 2011 - Archange Saint-Michel terrassant le dragon - Caisse enregistreuse d'époque - Bruxelles-Bruxellons
Statuette de l'archange Saint-Michel terrassant le dragon - Caisse enregistreuse d'époque

"Le Cirio" patrimoine historique, esthétique et folklorique protégé 

Lancée en février 2009 par le secrétaire d'Etat Emir Kir en charge des Monuments & Sites, la procédure de classement s'est concrétisée par un arrêté du gouvernement de la Région Bruxelles-Capitale signé en mars 2011.

"Le Cirio" constitue donc l’un des ultimes témoins de ces grands établissements qui émaillèrent le centre-ville de Bruxelles dès la seconde moitié du XIXe siècle. Et, à l’instar du Falstaff de l’autre côté de la Bourse, cet estaminet occupe une place de choix parmi une enfilade homogène d’immeubles à rez-de-chaussée commercial. Les commerces font partie intégrante de notre patrimoine, et j’ajouterais même qu’ils forment un patrimoine à part entière, sans doute moins évident et moins reconnu comme tel que des maisons, des églises ou des palais. Pourtant, les commerces sont chargés d’histoire : ils ont vu et voient encore défiler des dizaines de milliers de personnes, ils rassemblent, permettent la découverte de bonnes et belles choses, le plaisir d’acheter ou de savourer. C’est, par ailleurs, un patrimoine fragile. Il faut donc lui accorder une place particulière dans le patrimoine protégé de notre région."
Emir Kir - 06/02/2009
Source : La Libre - Belga

Même les toilettes sont classées...
Le parfum d'authenticité se niche jusque dans...les toilettes où presque rien n'a changé depuis 1923 (lorsque la cour extérieure fut couverte et que les toilettes qui s'y trouvaient furent déplacées). Les urinoirs en porcelaine "Jacob Delafon & Cie" sont d'époque ainsi que les carreaux en céramique, les portes avec leurs plaques émaillées et les radiateurs en fonte. On y dégote aussi une vieille cabine téléphonique en bois (malheureusement hors d'usage) et deux anciens appareils délivrant de l'Eau de Cologne aux clients contre quelques pièces de monnaie. Les puristes regretteront juste la présence incongrue de lavabos "modernes" alors que les catalogues actuels de sanitaires proposent de belles copies de modèles "rétro" qui auraient été plus adéquats.

Hors classement...
Le comptoir du bar qui est plus récent (par contre le grand meuble mural derrière le comptoir est d'origine) ainsi que les tables, chaises et tabourets qui ont été renouvelés en 1989 suivant des modèles d'inspiration Art Nouveau. 





Quand le Cirio fait son cinéma...

En 1968, le Cirio sert de décor pour une scène du film "La bande à Bonnot" qui est censée se dérouler dans une brasserie parisienne. A l'époque, Paris est paralysé par les événements de mai 68, d'où le déménagement vers Bruxelles qui offrait des conditions de travail moins agitées. Pour mémoire, le scénario retrace les aventures d'une bande d'anarchistes virant au grand banditisme dans les années 1910. Jacques Brel y tenait le rôle de Raymond la Science aux côtés de Bruno Cremer (Jules Bonnot), d'Annie Girardot (Marie la Belge) et de Jean-Pierre Kalfon (Octave Garnier).
En 1983, son cadre particulièrement bien préservé séduit également André Delvaux pour des scènes du très beau film "Benvenuta" avec Fanny Ardant, Vittorio Gassman et...Philippe Geluck. 

Dans un article du journal Le Soir intitulé "Les brasseries bruxelloises sur pellicules", le patron du Cirio raconte qu'il a aussi accueilli l'équipe de tournage de "Belle de Jour" (Luis Buñuel - 1967). Comme je n'en ai trouvé aucune confirmation via d'autres sources, il s'agit vraisemblablement d'une confusion avec "Belle", un autre film d'André Delvaux, tourné à Bruxelles en 1972.


Le CIRIO - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises -  Scène de  tournage du film 'La Bande à Bonnot" (1968) avec Jacques Brel, Bruno Cremer, Jean-Pierre Kalfon et Annie Girardot (1968) - Bruxelles-Bruxellons

Le CIRIO - L'une des plus anciennes tavernes bruxelloises -  Le dernier témoin des 18 comptoirs de vente et salons de dégustation de spécialités italiennes ouverts en Europe par Francesco Cirio  - Bruxelles-Bruxellons

En mémoire du père fondateur...

(*) Francesco Cirio (1836 - 1900)
Né en Sardaigne dans une famille pauvre et analphabète, cet homme d'affaire italien a fait fortune dans la conserve. En créant sa propre manufacture à 20 ans, il fut parmi les premiers au monde à donner un réel essor commercial au procédé d'appertisation inventé en 1795 par le confiseur français Nicolas Appert (stérilisation par la chaleur qui permet de conserver les légumes et d'autres aliments sur une longue durée de temps dans des récipients hermétiquement clos). L'entreprise a fêté son centenaire en 1956 et la marque est toujours bien présente dans les étals de nos supermarchés aujourd'hui.


Jipé

N.B. Nous assurons nos lecteurs que les articles publiés sur le blog "Bruxelles-Bruxellons" sont libres de toute publicité commerciale rémunérée. 

mardi 2 février 2016

Bruxelles Propreté - Réforme des collectes de déchets ménagers reformulée


Bruxelles-Propreté - Réforme de la collecte des déchets ménagers 2010 (Secrétaire d'Etat Emir Kir) - Instauration du tri sélectif "Papiers-Cartons" - "Emballages PMC" via les sacs jaunes et bleus - Bruxelles-Bruxellons


Pour mémoire...
2010 
Pour la bonne cause du recyclage, le secrétaire d'État Emir Kir (PS) bouleverse les habitudes des Bruxellois en instaurant le tri des déchets papiers/cartons et emballages PMC, collectés une fois par semaine. Dès le printemps 2012, la collecte hebdomadaire des sacs verts est également généralisée aux 19 communes.


Bruxelles-Propreté - Réforme de la collecte des déchets ménagers 2013 (Secrétaire d'Etat Rachid Madrane) - Collecte alternée des sacs jaunes et bleus une semaine sur deux - Un calendrier des collectes difficile à gérer pour les citoyens bruxellois - Bruxelles-Bruxellons

Bruxelles-Propreté - Réforme de la collecte des déchets ménagers 2013 (Secrétaire d'Etat Rachid Madrane) - Collecte alternée des sacs jaunes et bleus une semaine sur deux - Un calendrier des collectes difficile à gérer pour les citoyens bruxellois - Bruxelles-Bruxellons

Pour mémoire...
2013 
Fraîchement installé à la place de son prédécesseur, le nouveau secrétaire d'État Rachid Madrane (PS), modifie ce régime par la collecte alternée des sacs bleus et jaunes, une semaine sur deux. A l'époque, il qualifie sa réforme de "pensée rationnelle qui colle parfaitement aux habitudes des Bruxellois".
Dans la foulée, il lance également un projet pilote de tri sélectif des déchets organiques via un nouveau sac orange qui est testé sur base volontaire dans deux communes bruxelloises (Etterbeek et Evere).

Cet extrait du rapport annuel 2013 de l'agence Bruxelles-Propreté (publié en septembre 2014) explique clairement les raisons pour lesquelles ce changement s'impose.

"L’alternance de la collecte des sacs bleus et des sacs jaunes a représenté pour Bruxelles-Propreté un des plus importants défis de ces dernières années : modifier l’habitude de sortir ses sacs bleu et jaune le même jour, qui était ancrée chez les Bruxellois (*). Il faut rappeler que ce changement trouve son origine dans les nouvelles installations de tri. Ces dernières exigent que les 2 fractions soient parfaitement séparées à leur arrivée au centre de tri pour améliorer leur recyclage. Bruxelles-Propreté ne s’est pas lancée dans ce nouveau dispositif de collecte sans interroger préalablement les Bruxellois. Une enquête auprès des habitants a permis de déterminer qu’ils sortent leur sac jaune en moyenne toutes les deux semaines et leur sac bleu toutes les trois semaines. L’alternance de la collecte se rapproche donc de la réalité de la majorité des ménages"

(*) Selon la députée bruxelloise Charlotte d'Ursel (MR), suite à ces réformes successives, chacune des deux campagnes publicitaires réalisées pour sensibiliser le public aurait coûté la bagatelle d'un million d'euros.


Bruxelles-Propreté - Projet de réforme de la collecte des déchets ménagers 2016 controversé (Secrétaire d'Etat Fadila Laanan) - Supression de la collecte bihebdomadaire des sacs blancs - Les sacs blanc, jaunes et bleus collectés le même jour, une seule fois par semaine - Bruxelles-Bruxellons

2014 -2016
Chronique d'une réforme controversée

Octobre 2014
Quand on veut simplifier la vie des Bruxellois mais qu'on la complique...

Trois mois après son entrée en fonction, la nouvelle secrétaire d’État en charge de la Propreté publique annonce une énième grande réforme de la collecte sélective de nos déchets à l'horizon 2016
  • Suppression du ramassage bihebdomadaire des sacs blancs.
  • Suppression de l'alternance " une semaine sur deux" pour les sacs jaunes et bleus. (retour à la situation 2010-2012).
  • Les trois sacs blancs, jaunes et bleus seront donc récoltés le même jour, une fois par semaine.
  • Suppression des collectes en soirée.
L'objectif louable est de "simplifier la vie des Bruxellois" avec un calendrier de collectes beaucoup plus facile à mémoriser et d'éviter les fréquentes confusions de sortie de sacs bleus ou jaunes au jour dit. (Copier sur son voisin, c'est pratique...sauf s'il se trompe aussi !) Depuis 2013, plus de 150.000 "mauvais sacs" resteraient lamentablement sur le trottoir chaque année, faute d'avoir pu être enlevés par la tournée prévue.
Sacs blancs (déchets non triés)
Mais, du coup, les sacs blancs ne seront plus évacués qu'une seule fois par semaine. Cela pose un problème évident de stockage de déchets ménagers à domicile durant 4 à 7 jours, tout particulièrement au niveau de l'hygiène et des odeurs. Un tollé de critiques et de protestations s'ensuit, tant de la part des citoyens que du monde politique. Ce projet est même carrément jugé "antisocial" (un comble pour une responsable politique issue du parti socialiste...) puisqu'il handicapera surtout les familles qui vivent dans de petits appartements et tous les ménages qui ne disposent pas d'un garage privé, d'un jardin, d'une terrasse ou d'un local à conteneurs collectifs dans l'immeuble pour les entreposer.
Sacs jaunes et bleus
Curieusement, cette nouvelle réforme annoncée rentre en quasi totale contradiction avec les arguments en faveur de la collecte alternée âprement défendus par son prédécesseur et repris dans le rapport annuel 2013 de l'Agence Bruxelles-Propreté publié un mois plus tôt (voir ci-dessus...). Soit ce rapport raconte vraiment n'importe quoi et repose sur du vent, soit le retour à un ramassage hebdomadaire des sacs bleus et jaunes ne s'impose pas du tout. Apparemment, il devrait même poser de sérieux problèmes techniques et logistiques.
Comprenne qui pourra !


Bruxelles-Propreté - Projet de réforme de la collecte des déchets ménagers 2016 controversé (Secrétaire d'Etat Fadila Laanan) -  Tri sélectif complémentaire pour les déchets organiques via le sac orange - Bruxelles-Bruxellons

Mars 2015
Quand on en compense la perte d'un sac sur deux par un nouveau sac...

Fadila Laanan présente son plan "B". Finalement, après mûres réflexions, il y aura quand même deux collectes hebdomadaires mais toujours une seule pour les sacs blancs.
  • Un jour regroupant les sacs blancs, jaunes et bleus 
  • Un autre jour pour les sacs verts et oranges (le petit nouveau) 
"Je rappelle que l’on estime à 50 % le taux de déchets organiques présents dans le sac blanc et qu’ils constituent le seul gisement disponible permettant d’atteindre les 50 % à l’horizon 2020. Ce chiffre objective l’utilité d’introduire, sur base volontaire, le sac orange, au regard des objectifs visés et des contraintes rencontrées. Une fois le sac orange généralisé, il va de soi qu’il ne sera plus nécessaire de s’inscrire comme c’est le cas aujourd'hui dans le cadre des projets pilotes."

Initiée par son prédécesseur Rachid Madrane, la phase expérimentale a été lancée à Etterbeek et Evere dès le mois d'octobre 2013. Elle s'est étendue par la suite à Auderghem, Woluwe-Saint-Pierre, et Forest (avril 2015), rejoints plus récemment par Saint-Gilles et Schaerbeek (fin 2015) puis par Woluwe-Saint-Lambert (février 2016). Le "club des pionniers volontaires" est donc actuellement implanté dans 8 communes bruxelloises sur 19. 
Faute de disposer d'une solution de recyclage dans la capitale, le contenu de nos sacs verts et oranges doit ensuite parcourir 130 km en camion pour être transformé en biogaz ou en compost dans une unité de bio-méthanisation située à Ypres...en Flandre occidentale. Même si on en parle depuis quelques années, en implanter une à Bruxelles n'est toujours pas à l'ordre du jour mais si cette collecte a le succès espéré, il faudra pourtant trouvé une autre solution car l'unité d'Ypres n'a qu'une capacité de 30.000 tonnes par an et le gisement potentiel bruxellois serait, à terme, de minimum 40.000 tonnes (90.000 pour les plus optimistes).

"Aucun maïeur, aucun échevin de la propreté n’a pour ambition d’en avoir une sur son territoire. Je peux vous dire que ça sent très mauvais. Il s’agit d’un dispositif très compliqué à mettre en place dans une ville-région comme Bruxelles où il y a une grande densification de la population. Trouver un espace suffisamment éloigné pour éviter ces nuisances olfactives serait très difficile..."

La secrétaire d'Etat table aussi sur la collecte séparée des déchets organiques, pour compenser la disparition annoncée du ramassage bihebdomadaire des sacs blancs...

"Comme je ne suis pas quelqu'un de radical et de fermé, j'ai beaucoup consulté et échangé avec tous ceux qui avaient un message pertinent sur ce dossier et je pense qu'il faut pouvoir répondre aux difficultés que certains citoyens pouvaient rencontrer. Je crois avoir trouvé une solution qui permet, en tout cas, de rencontrer la problématique de stocker pendant une semaine des déchets qui sentent..."

La "solution" avancée repose en fait sur une "astuce". Dans la mesure où l'usage du sac orange se fait sur base volontaire, afin de ne pas devoir attendre jusqu'à la semaine suivante pour l'évacuer, on pourra toujours mettre ses déchets organiques dans le sac blanc sans craindre de représailles et profiter ainsi d'un ramassage intermédiaire. Sauf que cela réduira forcément l'efficacité du tri sélectif et que cela ne fonctionne pas en sens inverse : pas question de mettre des langes de bébé et des coquilles d’œufs, d’huîtres, de moules ou d'escargots dans le sac orange. Il ne s'agit donc que d'une demi-solution de collecte dédoublée pour les déchets odorants.

Invitée par Martin Buxant, Fadila Laanan s'explique sur le fameux sac orange (Lien vers la vidéo Bel RTL - 17/03/2015)

Déjà approuvée par le gouvernement bruxellois, la mise en application de la réforme est prévue pour mars 2016.


Bruxelles-Propreté - Projet de réforme de la collecte des déchets ménagers 2016 controversé (Secrétaire d'Etat Fadila Laanan) -  La collecte des sacs blancs et oranges une seule fois par semaine posent question quant aux problèmes de stockage, d'hygiène et d'odeurs - Bruxelles-Bruxellons

Octobre 2015
Quand il est question de parfums, de poissons et de couches-culottes...

Lors de la présentation du budget 2016 de l'agence Bruxelles-Propreté, la secrétaire d’État annonce que, "pour des raisons d'organisation", la mise en application de la réforme est reportée de six mois. Elle ne verra donc pas le jour avant l'automne 2016. 

En revenant sur le sujet lors d'une interview sur Télé Bruxelles, Fadila Laanan confie ses "trucs & astuces" perso pour éviter les mauvaises odeurs consécutives au stockage des poubelles à domicile durant une semaine. Dans la même journée, elle en rajoute une couche (c'est le cas de le dire...) au micro de la RTBF.

"Je pense que chaque consommateur, quand il va se trouver face à cette réforme va consommer autrement. C'est clair qu'on ne fait pas du poisson si on sait que son sac poubelle sort trois ou quatre jours après (?!)"  
Source : Télé Bruxelles - 26/10/2015

"Moi, personnellement, avec le système de collecte actuel, je ne mange pas de poisson quand je sais que je ne vais sortir ma poubelle que bien plus tard (?!). Mais chacun fait ce qu'il veut. La caricature de mes propos, c'est facile mais nous devons avoir une vision responsable.../...Avec l'arrivée du sac organique, les déchets sentiront moins forts puisqu'ils ne seront plus mélangés (?!).../... Pour ce qui est des langes des bébés, ne soyons pas dupes. Un lange, ça sent mauvais tout de suite. Moi, quand je changeais les couches de mes enfants, je mettais le lange dans un sac congélation fermé (?!) et cela ne sentait plus. C'était mon truc à moi et il vaut ce qu'il vaut..."
Source : RTBF - 26/10/2015


Étayer sa thèse par des exemples concrets part d'une bonne intention, encore faut-il qu'ils soient probants. Ceux-ci vont faire le buzz sur les réseaux sociaux en déclenchant aussitôt une vague déferlante de traits d'humour moqueurs et de commentaires sarcastiques largement relayés par les médias. Comiques ou consternantes suivant les points de vue, ces explications foireuses resteront sans doute dans les annales des cours de communication politique comme exemple de gaffe à éviter. 
Plus sérieusement, plusieurs bourgmestres (dont l'ancien secrétaire d’État à la Propreté publique Emir Kir) s’insurgent contre cette réforme qui ne tient pas compte des réalités bruxelloises, notamment pour les petits logements exigus dans lesquels stocker un sac supplémentaire pendant une semaine est impraticable.
Novembre 2015
Quand les représentants du personnel consultés restent sceptiques...

"Cette réforme est une incohérence complète. Si on veut vraiment améliorer le tri à Bruxelles, il ne faut pas supprimer un passage, mais bien les augmenter, à l’instar d’autres capitales européennes, avec un passage par jour minimum..../...En outre, il n’y a pas assez de véhicules, ce qui entraîne un risque évident de sécurité pour les chauffeurs" 
Muriel Di Martinelli - CGSP

"J’ai 40 ans de service de terrain et je sais bien que la réforme telle que présentée ne marchera pas.../...Si Mme Laanan  pense que le fait de supprimer un sac blanc va résoudre le problème du tri, arranger l’organique et diminuer le nombre de dépôts clandestins, elle croit encore au Père Noël.../...En outre, cette réforme aura un coût considérable puisqu'il faut acheter 42 nouveaux camions et en réaménager 30 autres."
Michel Piersoul - SLFP

Bruxelles-Propreté - Réforme de la collecte des déchets ménagers 2016 revue et corrigée (Secrétaire d'Etat Fadila Laanan) - Sous pression citoyenne, politique et syndicale, la Région Bruxelles-Capitale renonce à supprimer la collecte bihebdomadaire des sacs blancs - Bruxelles-Bruxellons

Février 2016...
Quand la réforme est revue et corrigée...

En définitive, sous la pression citoyenne, politique et syndicale, la Région bruxelloise renonce à la suppression du ramassage bihebdomadaire du sac blanc.

"Les craintes engendrées par la perspective de voir disparaître une des deux collectes hebdomadaires de sacs blancs étaient telles que cela polluait notre réforme. Je suis déterminée et politique, mais je ne suis pas têtue"
Fadila Laanan

"Les citoyens avaient l’impression qu’on leur enlevait quelque chose. Il ne fallait pas s’entêter même si j’estime que le système était bien pensé../...Il s’agit quand même d’une réforme, car nous généralisons le sac orange à toutes les communes et nous supprimons l’alternance entre sac bleu et sac jaune.../...À terme, j’espère toutefois qu’on arrivera à un seul sac blanc pour répondre aux exigences européennes de 50% de déchets triés et traités à l’horizon 2020, pour 35% actuellement à Bruxelles."
Disons que les citoyens avaient surtout l'impression qu'on ne leur enlevait plus quelque chose. 

"Je ne suis pas têtue - Il ne fallait pas s'entêter"
Onze mois plus tôt, la secrétaire d'État assurait déjà qu'elle n'était "ni radicale, ni fermée" (à d'autres idées...). Depuis la première annonce de sa réforme en octobre 2014, elle s'est pourtant obstinée à maintenir son cap contre vents et marées et c'est manifestement à contrecœur qu'elle fait tardivement marche arrière. 

"Il s'agit quand même d'une réforme..."
On en a tellement parlé et elle a fait couler tellement d'encre que plus personne n'en doute. 

Pour l'automne 2016...
  • Sacs blancs : rien ne change, la collecte bihebdomadaire des déchets non triés est finalement maintenue au rythme actuel.
  • Sacs oranges : la grande nouveauté reste la généralisation aux 19 communes d'une collecte hebdomadaires des déchets organiques ou bio-déchets. Non imposé, ce tri sélectif complémentaire est laissé au libre choix de chaque ménage, du moins dans un premier temps d'adaptation.
  • Sacs jaunes et bleus :  suppression de l'alternance "une semaine sur deux" mise en place en 2013. La collecte hebdomadaire des papiers-cartons et des emballages PMC est rétablie à son rythme d'origine (2010-2012). Cela simplifiera certainement la vie des Bruxellois et évitera que trop de "mauvais sacs" restent abandonnés sur le trottoir, faute d'avoir été sortis le jour adéquat...mais c'est aussi un aveu d'échec pour la réforme précédente.
  • Sacs verts : rien ne change, ils restent également collectés chaque semaine.
En principe, ils devraient être regroupés en deux tournées de ramassage par semaine (1 x blanc-bleu-jaune + 1 x blanc-orange-vert) mais les modalités ne sont pas encore définitivement établies.
Sur le plan logistique, l'objectif est de passer de 28 à 5 grands secteurs de collectes mais il faut veiller à équilibrer le nombre de kilomètres parcourus et les poids soulevés par chaque collecteur dans les différentes tournées. Autant dire que ce n'est pas vraiment simple à organiser et que les concertations avec les syndicats du personnel de l'agence Bruxelles Propreté sont loin d'être terminées.