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BRUXELLES D'ANTAN, D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN
De coups de cœur en coups de gueule...l'histoire, le patrimoine, les anecdotes insolites, les petits secrets, les découvertes, les curiosités, les grands projets et les actualités qui rendent notre ville vivante, passionnante et attachante mais aussi parfois complètement surréaliste.

lundi 20 janvier 2014

BRUXELLES-PENTAGONE - Notre histoire sous les pieds et le regard de Roel Jacobs

BRUXELLES-PENTAGONE - Roel Jacobs - CFC éditions - "Livre en tête" conseillé par Bruxelles-Bruxellons

L'homme qui possède Bruxelles avec ses pieds...

Depuis plus de 30 ans, Raoul Jacobs arpente inlassablement les quartiers, rues, boulevards et places de Bruxelles avec un regard curieux et attentif. 
Les moindres détails du patrimoine et du paysage urbain l'interpellent et lui posent des questions. Les réponses entraînent d'autres "pourquoi-comment" au travers desquels, il recompose patiemment les pièces du puzzle.
Sous son regard, l'histoire n'est jamais figée dans le temps: les faits et témoignages du passé se lient, s'entrechoquent, s'entremêlent, se démêlent...pour créer des passerelles entre les différentes époques,  entre le Bruxelles d'hier et d'aujourd'hui
Cette approche transversale et quasi ludique n'en est pas moins rigoureuse et précise. Loin de créer la confusion, elle nous révèle les dessous d'une ville frémissante, bien vivante...façonnée au fil du temps par les luttes d'influence entre ses habitants, les corporations de métiers, les pouvoirs politiques et religieux. Au passage, l'auteur ne craint pas d'égratigner quelques mythes et de fustiger l'une ou l'autre de ces explications pseudo-historiques prises trop souvent pour argent comptant
Son éditeur le définit comme "guide-conférencier-écrivain-vulgarisateur". Oublions la connotation péjorative que peut parfois avoir ce dernier mot, il est assurément pris ici dans le sens noble du terme. 
Roel Jacobs a ce talent rare de partager généreusement son savoir et sa passion sans jamais être professoral ou pédant, de décrypter des choses complexes  avec des mots tout simples, tout en faisant souvent sourire son auditoire par une "zwanze" (verve) typiquement bruxelloise.
Si vous n'avez pas encore eu le plaisir de partager un moment en sa compagnie, avant d'aborder cette "bible" de 400 pages abondamment illustrée qui rassemble les fruits de deux décennies d'exposés, je ne peux que vous conseiller de suivre l'une de ses visites guidées ou l'une de ses conférences (*). 
On comprend très vite pourquoi cet ouvrage est déjà (et restera) une référence incontournable pour tous les amoureux de Bruxelles.

BRUXELLES-PENTAGONE - Roel Jacobs - CFC éditions -  "Livre en tête" conseillé par Bruxelles-Bruxellons

".../...On rit et puis on réfléchit à propos de ces "Saint-Michel les plus catholiques" et ceux qui le sont moins et qui figurent eux sur des bâtiments neutres, pour ne pas dire franchement laïques voire proches de la franc-maçonnerie. Véritable puits de science, Jacobs nous régale aussi de listes sur les noms des maisons de telle ou telle rue ou nous emmène à Sainte-Gudule aux enterrements de personnalités importantes depuis son érection. Homme très ouvert, il nous gratifie même d’une généalogie des Nassau. Mais il rejoint aussi le Bruxelles le plus contemporain par exemple à propos des œuvres d’art des stations de métro.../..."
(Extrait d'un article de Christian Laporte  - La Libre.be )


Morceaux choisis à propos de la Grand-Place

"Paradoxalement, beaucoup d'admirateurs de cette place, y compris les Bruxellois, ignorent pourquoi elle est à ce point exceptionnelle, Son aspect actuel est le résultat d'une évolution qui s'échelonne, en effet, sur presque 10 siècles et son usage n'a pas toujours été le même au fil du temps. Ce que l'on voit aujourd'hui résulte de couches historiques superposées les unes aux autres. Il nous faudra prendre en compte au moins trois d'entre elles pour comprendre la logique actuelle de cet ensemble...."

"Du 13 au 15 août 1695, l'artillerie du Maréchal de Villeroi bombarde Bruxelles. (Armée française de Louis XIV). Tout le centre de la ville, un tiers du bâti, est détruit. Sur la Grand-Place, seuls les murs extérieurs de l'Hôtel de Ville et de la Maison du Roi, ainsi que quelques façades en pierre, survivent parmi les décombres. La reconstruction se fait en un temps record. En trois ans (1696 à 1698), l'essentiel de la place renaît de ses cendres. C'est une prouesse pour l'époque. On entend souvent dire que la place présente une grande homogénéité grâce à la vitesse à laquelle elle a été reconstruite. Rien n'est moins vrai. Les acteurs de la construction représentaient des contextes sociaux très différents et des opinions antagonistes. De leurs divergences est née une synthèse unique de la société bruxelloise...et européenne de l'époque..."
(Roel Jacobs).

BRUXELLES-PENTAGONE - Roel Jacobs - CFC éditions - Bombardement de Bruxelles (1695) et incendie de la Grand-Place - "Livre en tête" conseillé par Bruxelles-Bruxellons


Nous avons repris deux extraits de la partie du livre consacrée à la Grand-Place (20 pages sur 400) parce qu'elle est emblématique de Bruxelles pour nos lecteurs venus de l'étranger mais aussi parce qu'elle est le point de départ de l'ouvrage. L'auteur est cependant loin de ne s'intéresser qu'aux sites les plus fréquentés par les touristes. Comme l'écrit Claire Billen (historienne à l'ULB) dans sa préface:
"Pas question, avec ce comparse, de pérégriner pieusement de monuments célèbres en patrimoine illustre..."
C'est dans les coins et recoins, au détour d'un fronton, d'une porte d'entrée, d'un bas relief, d'une sculpture méconnue, d'une impasse cachée ou d'une simple plaque posée au coin de la rue...qu'il va chercher la source et les chemins de l'histoire (des histoires) qu'il sait si bien nous raconter.
Sous sa plume, l'expression "faire parler les pierres" prend tout son sens.

Jipé
  
BRUXELLES-PENTAGONE - Roel Jacobs - CFC éditions - 1ère & 2ème enceintes - Bruxelles-Bruxellons




BRUXELLES-PENTAGONE - Roel Jacobs - CFC éditions - Livre en tête conseillé par Bruxelles-Bruxellons


Lectures bruxelloises
BRUXELLES-PENTAGONE
400 pages - 200 illustrations en couleur et N/B
33 chapitres-promenades-flâneries dans l'histoire
Prix : 35 € 
(Au vu du nombre de fois qu'on reprend ce livre en main pour en savourer tous les détails, ce n'est pas cher payé !)

Contact avec l'auteur - Programme des visites pédestres et conférences organisées

ROEL JACOBS
r.jacobs@visitbrussels.be
 


CFC-Éditions & Librairie Quartiers Latins

Place des Martyrs, 14 - 1000 Bruxelles
Tél. 00 32 (0)2.227.34.03 (CFC éditions)
Tél. 00.32 (0)2.227.34.00 (Librairie)
quartiers.latins@cfc-editions.be

Lien vers leur site - Cliquer ici

La librairie "Quartiers Latins" est une vraie "mine d'or" pour découvrir tous les livres consacrés à l'art, l'architecture, l'histoire et le patrimoine de la Région bruxelloise et de ses 19 communes : des ouvrages parfois introuvables ailleurs.

BRUXELLES-PENTAGONE - Roel Jacobs - "L'Ommegang, procession, cortège ou spectacle" - "Les Mendiants de Dieu - Des moines et des soeurs écrivent l'histoire de l'Europe à Bruxelles" - Bruxelles-Bruxellons


Entre autres livres écrits par Roel Jacobs

"L'OMMEGANG"
Procession, cortège ou spectacle ?
La véritable histoire, les dessous et les petits secrets de cet événement folklorique bruxellois renommé. Roel Jacobs les connaît "comme sa poche". Depuis quelques années, c'est d'ailleurs lui qui rédige les textes d'accompagnement lus en public par une personnalité célèbre.

"LES MENDIANTS DE DIEU"
Des moines et des sœurs écrivent l'histoire de l'Europe à Bruxelles
Un regard surprenant sur une partie très méconnue de notre histoire. On est vraiment sidéré de découvrir l'importance fondamentale du rôle joué par ces nombreux couvents  et communautés religieuses présents dans le Bruxelles  d'autrefois.
Malgré leurs tailles imposantes, ils ont tous disparu "corps et âmes" et il n'en reste que quelques rares traces et vestiges visibles.

Deux petit opuscules très intéressants ! On peut juste exprimer le regret qu'ils aient été édités dans un format aussi réduit. Cela ne facilite pas leur lecture et ne met guère toutes les illustrations en valeur. La qualité du contenu dense, fouillé et passionnant, aurait incontestablement mérité une mise en page plus "aérée" mais l'avantage de la formule est qu'ils sont proposés à "petits prix".

BRUXELLES - L'HISTOIRE DANS LA VILLE  
(Edition Marc Van de Wiele - 1994)
UNE HISTOIRE DE BRUXELLES
(Editions Racine - 2004)

Tous deux épuisés et non réédités à ce jour, ces ouvrages ont été publiés à 10 ans d'intervalle et témoignent du fait que le long et patient travail de recherches et de compilations mené par l'auteur ne date pas d'hier.

BRUXELLES-PENTAGONE - Roel Jacobs - "Bruxelles, l'histoire dans la ville" édition 1994 épuisée - Bruxelles-Bruxellons
"Bruxelles, l'histoire dans la ville" - Edition 1994 épuisée et non rééditée à ce jour
En cherchant bien, on peut encore en trouver des exemplaires dans les bouquineries ou sur les sites internet
N.B. Nous assurons nos lecteurs que les articles publiés sur le blog "Bruxelles-Bruxellons" sont libres de toute publicité commerciale rémunérée. 


mardi 7 janvier 2014

De la "Bourse" à "De Brouckère", un boulevard pour les piétons ?


Mise en piétonnier des boulevards du Centre - Place de Brouckère - Place de la Bourse - Avant-projet 2014 - Ville de Bruxelles - Bruxelles-Bruxellons

De la place de la Bourse à la place de Brouckère, une "autoroute urbaine à quatre voies" et deux "carrefours" qui n'incitent pas vraiment à la promenade nonchalante du chaland et coupent le centre historique de notre ville en deux...


Rien de bien neuf sous le ciel bruxellois : on parle de cette idée de réaménagement des boulevards du centre et de la place de Brouckère depuis près de 15 ans (la première étude en ce sens date de la fin des années 90) et elle fait partie intégrante de l'accord de la nouvelle majorité politique PS-MR en place depuis les dernières élections communales de 2012. La résolution de la concrétiser dans un proche avenir s'annonce pourtant comme une vraie révolution.
Nouveau bourgmestre de Bruxelles-Ville depuis le 13 décembre 2013, en bon "communicateur", Yvan Mayeur se devait de marquer sa prise de fonction et d'occuper les médias en donnant une impulsion personnelle forte à un projet significatif de grande envergure.
Ce fut rapidement chose faite: dès les premiers jours de janvier, il annonçait sa ferme intention de faire passer une décision avant la fin du mois concernant la mise en piétonnier d'une portion du boulevard Anspach incluant la place de la Bourse et la place de Brouckère.

Mise en piétonnier des boulevards du Centre - Place de Brouckère - Place de La Bourse - Boulevard Anspach - "Le réaménagement des boulevards du centre n''est désormais plus une  intention, c'est un projet non seulement de mobilité mais aussi de relance économique et esthétique à réaliser" Yvan Mayeur  - 31 janvier 2014 - Bruxelles-Bruxellons

PAROLE TENUE ?
Après 15 ans de tergiversations, ce n'est plus qu'une simple intention, c'est devenu un projet en voie de réalisation.

Le vendredi 31 janvier, le maïeur confirmait qu'un accord avait bel et bien été conclu au sein du collège socialiste-libéral concernant le réaménagement des boulevards du centre et il en précisait les grandes lignes.
Même s'il s'agit d'un compromis qui n'exclura pas totalement la circulation automobile de bout en bout, celle-ci devrait néanmoins s'en trouver entièrement repensée et très fortement réduite et le projet s'avère être plus ambitieux que ce qui avait été évoqué au début du mois.

Mise en piétonnier des boulevards du Centre - Place de Brouckère - Place de la Bourse - Avant-projet 2014 - Ville de Bruxelles - Bruxelles-Bruxellons

L'accord prévoit une seule bande de circulation (forcément "à sens unique") préservée sur la place de Brouckère. Entre cette place et un peu au-delà de la Bourse (jusqu'à proximité de la rue du Lombard soit sur +/- 1km), le boulevard sera entièrement transformé en piétonnier. En direction du Midi, les trottoirs seront fortement élargis et le passage automobile également ramené à une seule bande.
Les nouvelles zones piétonnières seront aussi étendues perpendiculairement aux boulevards, notamment au niveau de la place de la Bourse et vers la place Saint-Géry.
De manière globale, l'objectif est de rendre le centre-ville beaucoup plus "vert" qu'ils ne l'est actuellement. Il  est même sérieusement question de ne plus parler de "boulevards" mais d'une succession de places reliées par des espaces piétonniers pour 'rendre la ville aux citoyens".
Sur base de l'avant-projet ci-dessus, la circulation automobile transversale sera apparemment maintenue au niveau de la rue Fossé aux Loups et de la rue de l'Ecuyer: cette double coupure de la circulation piétonnière sur cette portion du boulevard Anspach, juste avant la place de Brouckère, pourrait être considérée par certains comme un "point faible".

Reste à transformer les déclarations en actes.
Des négociations vont s'ouvrir avec la Région bruxelloise et Beliris en charge de financer ce type de projet. Il est aussi prévu de maintenir un dialogue avec les habitants, les commerçants et les navetteurs concernés au travers de quatre ateliers de discussion.
Si les sauts d'obstacles se font sans mauvaises chutes, la majorité en place espère pouvoir concrétiser le projet pour la fin de l'année 2017 avec un début de chantier qui serait lancé en 2015.

Mise en piétonnier d'une portion du boulevard Anspach incluant la place de la Bourse et la place de Brouckère


Après ce commentaire, un tantinet péremptoire mais réaliste,  d'Yvan Mayeur au début du mois de janvier, les levées de boucliers avaient été quasi instantanées.

Du côté de  "Touring Mobilité"...
Sans la moindre ambiguïté, on est "contre le fait de couper dans les grands axes". Isabelle Norro, porte parole de l'association de défense des automobilistes, s'est même fendue d'une jolie lapalissade en affirmant sans rire : "la campagne est à la campagne et une ville reste une ville" (Qui l'eût cru ?). Dans un esprit plus pragmatique, elle  rajoutait que "la ville est tout d'abord un centre économique". Sans oublier, au passage, un petit sermon à l'attention d'Yvan Mayeur : "Nous rappelons que nous sommes une démocratie (au cas où il l'aurait oublié) et qu'aucune décision ne peut être prise concernant le centre-ville sans que toutes les éventuelles conséquences aient été analysées".
Sur ces bonnes paroles sentencieuses, il faut bien avouer que la réalisation de ce projet gênerait surtout ceux qui, connaissant bien les méandres de la ville, préfèrent "traverser" le centre plutôt que d'emprunter les tunnels ou les boulevards de la Petite Ceinture lorsqu'ils sont encombrés (J'en parle d'autant plus à l'aise que j'en fais partie).
Du côté du Groupement des commerçants du centre-ville...
Les réactions ne sont pas moins vives et péremptoires. On ressort les vieux clichés et on parle carrément d'assassinat: "Ce projet de piétonnier serait la mort des commerces...nous savons que 60% de la clientèle de nos commerces vient faire ses courses en voiture".
Peut-être...mais alors en se garant dans la petite dizaine de parkings sous-terrain voisins...qui resteront forcément accessibles si le projet de piétonnier se réalise. Soyons sérieux et réalistes: trouver une place en surface dans le centre ville relève du pur "coup de bol" et nécessite de tourner "en boucle" à plusieurs reprises en jonglant avec les nombreux sens interdits qui allongent d'autant le circuit. Du reste, si on se fie à "Atrium", ce pourcentage de 60% est complètement faux. Selon les chiffres de l'agence régionale en charge de la promotion du commerce, à peine 14% des clients seraient motorisés.
L'autre argument invoqué est la concurrence des actuels et futurs "Shopping Center" (dont certains offrent du parking gratuit): ce problème est sans doute bien réel mais franchement quel est le rapport avec la réalisation d'un piétonnier ?
Il n'est même pas interdit de penser que faire preuve d'imagination pour offrir un environnement de "promenade-shopping" plus agréable pourrait être une manière efficace de lutter contre cette concurrence et de permettre aux commerces du centre de survivre (voire d'en créer de nouveaux).

On l'aura compris : ce n'est pas de ces deux côtés-là que viendront les encouragements et la volonté d'aller vite.
Mais il y a aussi des avis très positifs....
Voir l'interview du professeur Michel Hubert - CLIQUER ICI 
(Facultés universitaires Saint-Louis)
(Vidéo RTBF - Séquence du JT - Cliquer sur le lien ci-dessus)
Le fruit mûr d'une longue réflexion pour un centre ville plus convivial...

Mise en piétonnier des boulevards du Centre - "Parc Anspach" - Concours BRAL 2012 - Lauréat Prix du Jury + Prix du Public - 1V4M2A - Bruxelles-Bruxellons
Mise en piétonnier des boulevards du Centre - "Parc Anspach" - Concours BRAL 2012 - Lauréat Prix du Jury + Prix du Public - 1V4M2A - Bruxelles-Bruxellons

Future réalité ?
N'en  déplaise à Touring Mobilité et au Groupement des commerçants, il existe également une forte demande citoyenne pour un retour à un centre-ville plus convivial dont la circulation automobile serait, si pas totalement exclue, du moins largement réduite.
Cela fait bien trop longtemps que la place de Brouckère et la place de la Bourse n'ont plus droit qu'au pauvre titre de "carrefour" et que la partie du boulevard Anspach les reliant est tout sauf un lieu de shopping-promenade agréable et apprécié.
En juin 2012 et 2013, le mouvement citoyen "Pic Nic the Streets" avaient réuni  2.000 à 2.500 citoyens, boulevard Anspach et place de la Bourse, pour protester contre la politique du "tout à la voiture"
En juillet 2012, l'association BRAL avait pris l'initiative de lancer un concours de réflexion urbanistique sur le thème "Parc Anspach, une coulée verte au cœur de Bruxelles".
Pas moins de 16 projets avaient été remis et c'est une équipe de 5 jeunes concepteurs bruxellois  (Team 1V4M2A) qui l'avait remporté haut la main en recevant à la fois le Prix du Jury et le Prix du Public.
Pour en savoir plus : accès à l'ensemble du projet "Parc Anspach" et aux explications détaillées - CLIQUER ICI

"Parc Anspach" -  Concours BRAL - L'avenir des boulevards du centre repensé par une équipe de 5 jeunes concepteurs bruxellois (1V4M2A) Lauréats du Prix du Jury & du Prix du Public - Bruxelles-Bruxellons

Même si l'objectif initial de ce concours était juste de lancer des pistes de réflexions et de les soumettre au pouvoir politique, le projet n'était pas pour autant dénué d'ambition puisque cette "coulée verte" englobait déjà l'ensemble de l'axe Nord-Midi.
Autre exemple...
Architecte bruxellois visionnaire qui se préoccupe de la place laissée à "l'être biologique" dans la ville, Luc Schuiten a notamment inventé le concept  de "l'archiborescence" qui mêle intimement le monde végétal à l'architecture et à  l'urbanisme du futur en réconciliant "l'homme des cités" avec son environnement naturel d'origine.

"Les cités végétales" Luc Schuiten - CLIQUER ICI

A la demande des habitants du Quartier Saint-Jacques, il a repensé les trois principales aires de rencontre des boulevards du centre. Son dessin de la place de la Bourse nous laisse rêveur par rapport à la situation actuelle.

Place de la Bourse rêvée par Luc Schuiten (Les cités végétales) - Bruxelles-Bruxellons
 
Premier challenge (le plus complexe) 
Concevoir un nouveau plan de mobilité et de circulation pour accéder au centre-ville (on a dit "accéder", pas "traverser"), tant pour les automobilistes  (accès aux parkings) que pour les bus, les taxis et les véhicules de livraison. L'objectif étant de rendre la ville plus vivante, il faut aussi penser à ceux qui ont choisi d'y résider et doivent conserver un accès pratique à leurs logements (ne fut-ce que pour décharger ses courses).
Si le cœur de Bruxelles est plutôt bien desservi en transports en commun, d'aucuns pensent que le retour d'un tram-navette en surface serait un élément positif pour relier facilement les différents points du parcours Nord-Midi sans devoir, à chaque étape, replonger sous terre dans une station de métro.
On évoque aussi des petits bus électriques assurant les déplacements courts à l'intérieur du Pentagone. Les plus nostalgiques songent à la remise en circuit d'un tram "Old-timer"  et à quelques calèches remontant les boulevards (ça n'a jamais fait de mal à personne de rêver un peu...)
Deuxième challenge
Réussir à maintenir un projet ambitieux qui, in fine, ne soit pas trop édulcoré par des compromis "à la Belge" pour sauter les obstacles et satisfaire aux exigences et aux oppositions des uns et des autres.
Troisième challenge (et non des moindres)  
Eviter l'asphyxie et la disparition des activités commerciales existantes pendant la durée des travaux d'aménagement. On sait que c'est malheureusement trop souvent le cas : les petites entreprises résistent très difficilement à une chute drastique de leurs chiffres d'affaire durant plusieurs mois de perturbations liées au chantier. C'est d'ailleurs ce qui motive, du moins partiellement, l'opposition quasi systématique des associations de commerçants à ce type de projet.

Les défis à relever
Redonner vie à la vieille place de Brouckère martyrisée depuis la fin des années 60 et qui n'en finit pas de dépérir. Dans les années 50, un journaliste américain l'avait qualifiée de "Time Square" tant elle brillait de mille feux, tant elle attirait du beau monde et des enseignes prestigieuses. Qu'en penserait-il aujourd'hui ?
Pérenniser la renaissance de la Bourse dans ses nouvelles fonctions touristiques et culturelles en lui offrant un environnement digne de cet édifice majestueux de la fin du 19ème siècle. 
Remettre en valeur les belles façades des bâtiments qui ont miraculeusement survécu à la "bruxellisation". On passe souvent à côté, sans lever les yeux pour les regarder et c'est bien dommage car 13 façades remarquables, parmi les 20 ayant remporté le 1er concours d'architecture de 1872-1876, sont encore visibles aujourd'hui: certaines d'entre elles mériteraient d'ailleurs une sérieuse restauration.
Recréer un lien piétonnier vivant et animé  faisant la jonction entre les quartiers historiques de Bruxelles actuellement coupés en deux par l'axe Nord-Midi. 
(Pourtour de la Grand Place et quartier Saint-Jacques d'un côté, quartiers Dansaert,  Saint-Géry, Sainte Catherine et les quais de l'ancien port de l'autre)
Quelques défis de taille mais qui valent bien la peine d'être relevés en mémoire du temps où Bruxelles brusselait...
Jipé

Place de Brouckère du temps où Bruxelles brusselait - Bruxelles-Bruxellons

Place de la Bourse et boulevard Anspach du temps où Bruxelles brusselait 

mardi 12 novembre 2013

TINTIN mis en bouteille par un artiste bruxellois ? Moulinsart casse du verre sur son dos !


 
"Et vous deux, vous en pensez quoi ?"
"C'est assez bizarre de faire détruire des œuvres d'art ! Nous allons, de ce pas, enquêter à Moulinsart"

Lettre ouverte à Moulinsart...
Il était une fois...un sympathique artiste bruxellois âgé de 86 ans
Gilbert Weynans n'est pas un "fantaisiste iconoclaste" !
Expert en verreries anciennes, collectionneur et propriétaire d'une galerie d'art et d'antiquités bien connue de l'avenue Louise, il a même eu les honneurs d'une séquence dans une émission de télévision "Des racines et des ailes"  (FR2) consacrée à Bruxelles
Depuis 60 ans, au gré de ses inspirations, il recouvre des bouteilles de récupération avec de savants collages artistiques réalisés à partir d'images de presse, de publicités, de reproductions de dessins et peintures anciennes...Une passion originale qui l'a amené, au fil du temps, à constituer une collection de près de 2.000 flacons de toutes formes transformées en œuvres d'art par la grâce de ses mains talentueuses.
Cette année, il a eu la malencontreuse idée de vouloir commémorer le 30ème anniversaire du décès de son ami Hergé (3 mars 1983) par la réalisation d'une série de bouteille recouvertes d'extraits de dessins de Tintin harmonieusement assemblés. Comme le célèbre auteur de bandes dessinées a quitté cette terre à la suite d'une leucémie, notre artiste souhaitait offrir le fruit de la vente de cette série limitée à l'Institut Bordet, spécialisé dans la recherche et les soins du cancer.



Crime de "Lèse-Tintin" commis à Bruxelles...
Hergé & Tintin mis en bouteille...
Barricadés derrière les murs de votre château de Moulinsart, il semble bien qu'ayant eu vent de cette intolérable audace artistique, la moutarde vous soit brutalement  montée au nez.
D'un coup de baguette qui n'avait rien de magique, vous avez frappé fort en transformant cette belle idée en crime de "Lèse-Tintin".
Loin de nous l'idée de considérer que défendre les droits d'auteur d'Hergé et protéger l'image de Tintin contre des utilisations abusives soient illégitimes...bien au contraire, d'ailleurs tous les auteurs et leurs héritiers ayant droit le font.
Mais quand même...ne faut-il pas en toutes choses raison garder ?
A force de faire sauter le bouchon trop loin, ne risque-t-on pas de blesser quelqu'un ? Votre exigence de "DESTRUCTION" immédiate et complète de l'œuvre d'un artiste ne vous paraît-elle pas aussi absurde que ridicule ?
En apprenant cette action menée en son nom, l'artiste dont vous êtes censés défendre la mémoire doit  sûrement s'être retourné dans sa tombe (Paix à son âme)
Que craigniez-vous donc à ce point ? Qu'une spéculation intense se développe autour de ces bouteilles millésimées "TINTIN"...que la bourse de l'art s'emballe, qu'elles se retrouvent un jour chez Sotheby's sans que vous puissiez en tirer le moindre profit...que le fait de fermer les yeux sur cette usurpation crée un précédent laissant la porte ouverte à d'autres forfaits du même ordre ?
Si tel était votre souci, nous pourrions encore le comprendre mais, dans ce cas de figure, il y avait bien plus élégante manière de réagir que d'exiger le passage du rouleau compresseur sur les bouteilles incriminées comme le ferait le Comité de défense du Champagne à l'encontre des flacons de "bulles" qui oseraient mentionner cette appellation prestigieuse sans y avoir droit.


Suggestion pour en sortir avec un zeste d'élégance...
Si, par exemple, d'un beau et noble geste, vous aviez fait l'acquisition de l'ensemble de la série  de bouteilles "Tintin" de Gilbert Weynans, vous auriez fait d'une pierre, cinq coups (Et cet investissement n'aurait pas mis vos finances en péril puisque l'artiste avait l'intention de vendre ses œuvres entre 35 et 45 euros)?

1/ Vous vous en assuriez l'exclusivité et elle aurait pu trouver place dans votre beau musée pour la postérité. 2/ Vous vous protégiez des éventuels spéculateurs tout en empochant l'éventuelle plus value si vous les remettiez  vous-même sur le marché plus tard. 3/ Vous garantissiez le don global à l'Institut Bordet en mémoire de la maladie qui avait emporté Hergé. 4/ Au lieu d'attirer les réactions réprobatrices, vous en sortiez grandis. 5/ In fine, en manifestant de la reconnaissance pour son travail, vous apportiez du bonheur à cet artiste de 86 ans au lieu de le martyriser.

Mais avec des "SI", on met Tintin en bouteille...
Le plus désolant dans cette histoire, c'est que, vraisemblablement, cette idée élégante ne vous a même pas effleuré l'esprit.

"Pourquoi veulent-ils briser toutes ces belles bouteilles ?"

Un rêve brisé
Non content d"avoir fait retirer les bouteilles de la vente, vous avez aussi mis l'artiste en demeure de détruire son œuvre.
La cérémonie d'euthanasie devait avoir lieu "à coups de marteau" le jeudi 21 novembre à 14h dans sa galerie de l'avenue Louise.
Coup de théâtre...
In extremis, la veille du jour fatidique, un accord est intervenu entre les deux parties. Gilbert pourra conserver ses précieuses bouteilles décorées mais à titre strictement privé, c'est à dire  sans les exposer publiquement ni les vendre.
Qu'est-ce qui a motivé ce subit retour à la raison ?
Peut-être la peur du ridicule...mais pas sûr que Moulinsart y échappe complètement !

Jipé
P.S. Nous espérons que la société Moulinsart ne nous obligera pas à retirer les illustrations de cette chronique pour cause d'usurpations et détournements de dessins d'Hergé. Mais si cela vous indispose vraiment, inutile d'exiger la destruction du Blog Bruxelles-Bruxellons, nous les enlèverons bien volontiers sur simple aimable requête et sans contrainte judiciaire car, à l'instar de Gilbert Weynans, nous avons le plus grand respect pour l'œuvre du papa de Tintin.
C'est aussi l'occasion de vous rappeler que les héros du 9ème Art ne survivent à leurs auteurs que grâce à l'affection du public qui les apprécient et continuent à leur rendre hommage au fil du temps.
Ceci n'est pas une œuvre d'art !
Petite enquête faite, les héros d'Hergé ont déjà eu l'honneur de figurer sur de nombreuses bouteilles (Vin, Bière, Champagne, Whisky...)
Mais, ça, mon bon Monsieur, ce n'est pas de l'art, ce n'est que du merchandising dûment rétribué et préalablement approuvé par Moulinsart.
Elles ont donc juste été bues mais jamais brisées ! (Les collectionneurs ne sont pas fous non plus, ces objets-là seront peut-être, un jour futur, bien cotés sur les marchés).
 

lundi 28 octobre 2013

Des coûts et des couleurs à la mode bruxelloise - Voir la vie en jaune & bleu


Madame Brigitte Grouwels (Ministre des Transports et de la Mobilité au gouvernement bruxellois) n'a jamais changé de couleur politique (CD&V) mais, tout comme son prédécesseur, Pascal Smet (SP-A),  elle aime jongler avec les couleurs...
La petite histoire qui suit peut paraître dérisoire, voire anecdotique...elle l'est beaucoup moins lorsqu'on la relie à d'autres "changements de couleur" significatifs qui se sont produit en Région bruxelloise au cours des 8 dernières années. Combien de controverses, de débats, d'oppositions parfois véhémentes n'ont-elles pas suscités avant de s'imposer ? Pour s'apercevoir, au bout du compte, que les options choisies n'étaient peut-être pas les meilleures...

Des coûts & des couleurs...
Un million d'€ pour repeindre 4.500 poteaux
(222 € par poteau)

Sur les 4.500 feux de signalisation en fonction dans la région bruxelloise, 2.600 anciens modèles sont encore toujours habillés de costumes rayés rouge & blanc. Le gouvernement régional a décidé de les remplacer au fur et à mesure par de nouveaux appareillages, techniquement plus performants, plus facilement modulables et moins énergivores. Nombre d'entre eux sont également équipés d'un signal sonore pour les non-voyants  et de caméras de surveillance.
Ceux-ci sont montés sur de gros poteaux de teinte unie "gris clair métallisé". Un choix qui a des avantages : ils se fondent mieux dans le paysage urbain...et des inconvénients : ils sont moins repérables au premier coup d'œil, tout particulièrement à la tombée du jour ou sous la drache nationale.

Notre estimée ministre semble dorénavant  convaincue qu'il faudrait les habiller d'un costume rayé "jaune & bleu".
En conséquence, elle a décidé de consacrer un budget de 5.000 € à un pré-test de "relooking" effectué sur 16 feux de signalement situés aux alentours des boulevards de la Petite Ceinture et de la rue Belliard.
Pourquoi subitement vouloir changer d'option chromatique alors que le programme de remplacement des anciens poteaux  "rouge & blanc" par des gris n'est même pas arrivé à mi-parcours ? (1.900 feux de signalisation déjà remplacés à ce jour sur un total de 4.500)
D'abord pour les rendre plus visibles: ce qui, en clair, équivaut à reconnaître qu'on s'est planté en choisissant initialement le gris clair uni.

400.000 € pour la campagne de City Marketing
(2 x 200.000 € répartis sur deux législatures)
Ensuite parce que cela s'inscrit dans un plan global de "City Marketing" dont l'étude d'un nouveau logo "be.brussels" fut le point de départ. 
Il est destiné à se décliner partout à l'avenir...tant sur les affiches, brochures d'information, dépliants touristiques, sites internet et documents officiels que sur les véhicules des services publics régionaux, les uniformes, les vélos partagés...et plus si affinités.
Même si elle a été approuvée par le gouvernement en juillet 2012, cette création n'a pas générée que des "coups de cœur".
D'aucuns pensent qu'il faut être doué d'une grande faculté d'imagination pour retrouver la symbolique d'origine de l'IRIS dans cette "fleur" désormais ultra stylisée.
D'autres sceptiques chuchotent en coulisses que ce type de logo manque de caractère et de prestige, passera vite de mode et qu'il serait plus adéquat pour une marque commerciale (Références à IKEA & Zeeman utilisant les mêmes couleurs)...que pour la promotion d'une région. 


Au delà des avis très partagés, il reste que cette volonté d'unification et de cohérence de "l'image publique" arrive avec un peu de retard sur le timing quand on sait que les trams, bus et taxis bruxellois ont complètement abandonné le "jaune & bleu" au cours de la dernière décennie...

Hep Taxi !
Un million d'€ pour remplacer 1.300 Spoutniks
(800 € par Spoutnik)


Dès 2005, Pascal Smet, l'ancien ministre des Transports défend l'idée de relooker les taxis bruxellois. En 2008, le projet présenté est si largement controversé, tant au sein du  Parlement que parmi les professionnels du secteur, qu'aucun consensus ne peut être trouvé avant qu'il ne quitte ses fonctions.

En lui succédant, Brigitte Grouwels trouve un dossier encore chaud ouvert sur son bureau et remet la main au pinceau.
En 2011, la décision finale devient officielle et irréversible. Elle impose le "noir" comme seule couleur de base pour tous les taxis. Les flancs des véhicules doivent dorénavant être paré d'un bandeau en damier "jaune & noir", complété par un tout nouveau spoutnik noir à placer sur le toit. 
Malgré le fait qu'elle soit le fruit de plusieurs années de débats et de concertations, la solution choisie ne manque pas de susciter de nouvelles polémiques et quelques manifestations tapageuses de la part des taximen.
Quant au monde politique, l'opposition parlementaire persiste à y voir la volonté de privilégier les couleurs flamandes à Bruxelles et regrette "haut et fort" qu'on n'ait pas privilégié le "jaune & bleu", couleurs emblématiques de la Région Bruxelles-Capitale et...de l'Europe (Tiens...tiens...tiens...)
A l'époque, le député Aziz Albishari (ECOLO) avait  bien tenté de calmer le jeu en expliquant devant une assemblée médusée qu'il ne fallait pas y voir d'autre malice qu'un clin d'œil inspiré par la mythique voiture de Gaston Lagaffe (*)
Voilà donc d'où venait la gaffe...Silence dans l’hémicycle.
On n'a jamais su s’il était vraiment sérieux ou s’il voulait juste détendre un peu l’atmosphère des débats. En attendant, les 1.300 taxis bruxellois ont bien dû se conformer à la nouvelle réglementation imposée et se procurer (à leurs frais - +/- 65 € par taxi), les fameuses bandes à damiers "jaune & noir" autocollantes ou magnétiques.
Quant aux "spoutniks" (nom donné aux enseignes lumineuses placées sur le toit des véhicules), les anciens "jaune & bleu" ont été mis à la poubelle et remplacés par des "noirs éclairés en pointillés jaune" qui ont été entièrement financés par le budget de la Région à hauteur de 5 millions d'€ (Hors frais de placement).
On se doit de reconnaître qu'ils apportent également un "plus" en matière de sécurité puisqu'ils sont notamment équipés de balises GPS.

Aux dernières nouvelles...
Gros bémol : alors que toute l'opération aurait dû être finalisée en 2012, et que nous sommes presque à la fin de l'année 2013, il y a encore et toujours des taxis bruxellois qui circulent avec des spoutniks des anciennes générations. Sur une seule zone de stationnement réservée aux taxis (dans le quartier européen), la disparité était flagrante,  sur une douzaine de véhicules, on pouvait en repérer 4 qui portait encore un spoutnik "lettre rouge sur fond blanc" (un ancêtre !) et 3 qui affichaient un spoutnik "jaune & bleu"...(18/11/2013).
Quant à la fameuse bande latérale "damier jaune & noir", plusieurs d'entre elles n'étaient pas posées sur la longueur totale du véhicule mais uniquement sur les portières. Peut-être s'étaient-elles déjà partiellement décollées ?
Question "opération esthétique réussie", il semble qu'on soit encore loin du compte...
(*) Petite précision utile pour nos lecteurs venus de lointains pays étrangers: Gaston Lagaffe est un héros mythique de la bande dessinée belgo-bruxelloise créé par Franquin et bien connu pour ses gaffes répétées  qui sèment la confusion au sein de la rédaction du magazine Spirou.

Trams, bus, rames de métro...
Couleurs en commun...

En 2005, l'ancien ministre coloriste des transports Pascal Smet avait également initié un autre  grand changement de couleurs dans le paysage urbain bruxellois : celui des trams, bus et rames de métro de la STIB. 
A la faveur d'une commande de 46 nouveaux trams 3000, les transports en commun bruxellois sont ainsi passé du criard "jaune & bleu" à une élégante livrée "gris et bronze métallisée" conçue par le célèbre designer belge Axel Enthoven. Inspiré par la gamme chromatique de l'Art Nouveau et incontestablement plus séduisant, le nouveau look a progressivement fait la conquête de l'ensemble des véhicules de la STIB.
Exit le "jaune & bleu", couleurs jugées "trop moche". Vive les couleurs "sexy", qui se fondent dans l'environnement citadin sans agressivité visuelle. (C'est le ministre qui l'a dit !).
Dès le départ, ce choix prioritairement "esthétique" donne lieu à quelques sérieuses controverses et suscite des interpellations au parlement à propos de sa mauvaise "visibilité", notamment pour les piétons.
Elles sont vigoureusement relancées en juin 2012.
La STIB est alors confrontée à une véritable "série noire"
Depuis 2010, pas moins de 111 accidents, impliquant des véhicules de transport en commun avec des piétons, avaient été recensés: soit pas loin d'une moyenne de 4 par mois (38 en 2010 - 53 en 2011 - 20 sur les cinq premiers mois de 2012). Sept d'entre eux avaient entraîné le décès du piéton (3 en 2010 - 1 en 2011 - 4 au cours du premier semestre 2012). 
Les nouvelles couleurs adoptées en 2005 reviennent une fois de plus sur le banc des accusés.
Coupables à 100% ? Non…mais peut-être suspectées de complicité...
A l'époque, quelque peu excédée par les questions des députés sur ce sujet sensible, Brigitte Grouwels affirme de manière péremptoire que : "L'analyse des accidents ne permet pas d'établir un lien direct de cause à effet entre la couleur actuelle des véhicules et les accidents" (Sous-entendu; "Arrêtez de m'enquiquiner avec ces fichues couleurs").
Fin des débats !
Un an plus tard, lors de l'annonce récente du pré-test de "changement de look" des feux de signalisation bruxellois, elle adopte pourtant une toute autre position en annonçant que "le choix de la couleur actuelle des trams et des bus de la STIB était une erreur (sic) et qu'il faudrait revenir au jaune et bleu"  (Source : Télé-Bruxelles 16/10/2013)

En résumé (et si on a tout bien tout compris) : selon la ministre,  le choix du "gris clair" des poteaux était une erreur...le choix du "bronze et gris métallisé" des transports en commun l'était également...En tout illogisme, le mea culpa pour le choix du "noir & jaune" des  taxis devrait suivre un jour ou l'autre.
En toute certitude pour ce qui est de la "City Marketing Attitude" (voir la vie bruxelloise exclusivement en "jaune & bleu"), ce n'est pas gagné !
La Région bruxelloise a-t-elle les moyens financiers de s'offrir des changement de look tous les 5 ans en remettant en question les choix précédents ? Est-ce cohérent et vraiment utile ? N'y a-t-il pas d'autres problèmes plus urgents auxquels il faut s'attaquer, notamment en matière de transport et de mobilité dans la Capitale ? Les questions sont posées...

Pas de panique, la législation actuelle se termine d'ici sept mois et la "patate chaude"  sera refilée au prochain gouvernement à constituer après les élections. Si la ministre n'est pas  reconduite dans ses fonctions actuelles, les Bruxellois échapperont peut-être aux panneaux "Attention peinture fraîche" apposés un peu partout (poteaux, trams, bus, taxis...).

Jipé 

Aux dernières nouvelles (31/10/2013) 
La phase "TEST" de peinture des poteaux des feux de signalisation a commencé ce jeudi 31 octobre.
Consciente de l'importance de cette action pour les générations futures, Brigitte Grouwels s'est déplacée en personne pour manipuler le pistolet devant l'objectif des caméras et des appareils photographiques.


Trop "rouge & blanc"...Trop "bleu ciel"...Trop "bleu nuit"...Trop "jaune & noir"...Pas assez bruxellois...?

La peinture "bleue" des poteaux bruxellois a-t-elle été posée par un peintre infiltré de la N-VA ?
En découvrant le résultat, certains ont bien failli s'étrangler: sous les yeux ébahis des spectateurs, les couleurs de la Flandre s'affichaient au carrefour de la Petite Ceinture bruxelloise. Vue sous le ciel gris, la rayure foncée s'apparentait plus au "noir" qu'au "bleu" référencé par le "City Marketing". Ne serait-ce qu'un GAG dû à une première couche de fond destinée à couvrir et neutraliser l'ancienne couleur rouge...doit-on attendre une deuxième couche ?
La ministre s'est voulue rassurante en affirmant que "la couleur allait certainement s'éclaircir en séchant" (?!)
N'empêche...on aurait dû prévenir les journalistes à l'avance car dans le contexte politique actuel (l'annonce du programme de la N-VA à propos de la Capitale), tous ceux qui sont attachés à l'identité bruxelloise auraient pu être "victimes d'une crise cardiaque" en regardant le journal télévisé.

Voir aussi la vidéo de la RTBF...
http://www.rtbf.be/info/regions/detail_brigitte-grouwels-met-en-couleur-les-poteaux-de-signalisation-bruxellois?id=8125517