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dimanche 20 juillet 2014

La "Ville de Bruxelles" et son maïeur - Yvan Mayeur


"Villle de Bruxelles" la plus importante des 19 communes bruxelloises en superficie, nombre d'habitants et budget - Bourgmestre: Yvan Mayeur - Bruxelles-Bruxellons


Préambule pour se mettre dans le contexte de la petite histoire...

Né à Etterbeek en 1960, Yvan Mayeur a grandi dans le populaire et pittoresque quartier des Marolles. "Assistant social" de formation et militant au Parti socialiste, il est élu député à 27 ans. Nommé président du CPAS de la Ville de Bruxelles en 1995, il conserve cette fonction durant 18 ans, tout en gardant son siège au Parlement fédéral. De 2005 à 2007, on le retrouve également à la tête du conseil d'administration d'IRIS, l'important réseau des hôpitaux publics bruxellois : ce qui fit l'objet de vives critiques de la part de l'opposition car cela pouvait être considéré comme un 3ème mandat rémunéré...interdit aux députés (*).
En décembre 2013, c'est le couronnement d'une déjà longue carrière.
Bon gré mal gré (Son parti lui aurait un peu forcé la main), le populaire bourgmestre Freddy Thielemans (2000-2013)  démissionne à mi-parcours de son troisième mandat alors qu'il s'était engagé à le mener à terme face aux électeurs. Yvan Mayeur le remplace au pied levé.
Avec 171.459 habitants (août 2013) répartis sur une superficie 32,61 km2, la "Ville de Bruxelles" est la plus importante des 19 communes de la Région bruxelloise. Partant du centre historique (Pentagone) au fil du temps, elle a annexé les entités de Haren, de Neder-Over-Hembeek et de Laeken, incluant au passage le Plateau du Heysel et le Domaine Royal.
S'étendant du nord-est au sud de la Région bruxelloise, elle traverse de part en part la commune d'Ixelles (absurdement "coupée en deux" par une sorte de long couloir) pour rejoindre le Bois de la Cambre via la prestigieuse avenue Louise.
Son territoire tentaculaire et très diversifié partage des frontières avec pas moins de 11 autres communes. Quant à  son budget annuel de 800 millions d'euros, il est presque équivalent à celui de toutes les autres communes bruxelloises réunies.

Le dilemme des casquettes...

Autant dire que, si le poste est prestigieux à souhait, la Ville de Bruxelles n'est pas vraiment simple à gérer ! On s'attend donc à ce que son maïeur s'y consacre et s'y investisse à plein temps...
Mais on a rarement vu quelqu'un heureux d'avoir une promotion, avec plus de responsabilité et de boulot à la clef, tout en gagnant moins qu'avant.
Or, depuis 18 ans, Yvan Mayeur bénéficie d'un cumul d'au moins deux rémunérations (Président du CPAS + Député fédéral) ce qui lui assure un revenu mensuel qu'on peut qualifier de "confortable". 
Personne ne songerait d'ailleurs à lui jeter la première pierre puisque, dans les limites prévues par la loi, ces usages de "double casquette" sont monnaie courante dans la sphère politique.


Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles-Ville depuis décembre 2013, soigne ses arrières financiers - Retrouvera-t-il la casquette de député fédéral ou conervera-t-il celle de Président du conseil d'administration de VIVAQUA (Production et distribution de l'eau potable en Région bruxelloise) - Bruxelles-Bruxellons

Lors de sa nomination à la tête de la Ville de Bruxelles, le nouveau bourgmestre avait confirmé dans plusieurs interviews qu'il n'avait aucunement l'intention de renoncer à son mandat de député fédéral. En toute logique, il s'était donc bien représenté sur la liste PS pour la Chambre aux élections de mai 2014.
Le "HIC" : 
Yvan Mayeur n'y figurait pas comme "candidat effectif" mais en tant que "premier suppléant". En clair, cela signifie que son siège de député était conditionné au fait qu'un élu effectif du PS  laisse le sien vacant pour rejoindre un poste ministériel.
Le "COUAC :
Tout le monde sait que les socialistes ont finalement été éjectés du gouvernement fédéral par les libéraux et une coalition de centre-droite. 
En conséquence, pas le moindre poste ministériel à pourvoir et pas le moindre député effectif à remplacer. Par seconde malchance, aucun des députés socialistes élus à la Chambre n'est devenu ministre dans l'un des gouvernements régionaux.
De quoi faire très mal au portefeuille du maïeur qui voyait mal ses revenus fondre comme neige au soleil (près de 60% en moins !).
Le parti socialiste avait anticipé ce risque. En excluant précipitamment les libéraux du MR des coalitions de majorité en Région bruxelloise et en Région wallonne, ils ont formé les gouvernements respectifs avec des partis dont le poids électoral pesait moins lourd sur la balance. Cette tactique leur a permis de conserver une position largement dominante et de leur garantir un maximum de postes clefs.
En fin stratège, Yvan Mayeur a calqué sa réaction personnelle sur celle de son parti et il a anticipé la perte prévisible de son siège de député. En coiffant au plus vite une autre casquette, il s'assurait de pouvoir conserver un revenu mensuel suffisant quelle que soit l'évolution de la situation post-électorale.

Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles-Ville depuis décembre 2013, soigne ses arrières financiers en coiffant la casquette de Président de VIVAQUA (Production et distribution de l'eau potable en Région bruxelloise) - Bruxelles-Bruxellons

Pas de chance...

Du côté de  "Brussels Expo" (l'influente A.S.B.L. qui chapeaute le plateau du Heysel et le Parc des Expositions) c'était malheureusement trop tard. Le fauteuil était déjà occupé !
En décembre 2013,  Philippe Close, échevin socialiste des finances, du personnel et du tourisme, avait hérité de la présidence laissée vacante par l'ex-bourgmestre Freddy Thielemans.
Pour l'anecdote :
Contrairement aux bruits de couloir relayés par la médias à l'époque de sa démission, Freddy Thielemans n'a finalement pas obtenu le poste de "secrétaire général bien rétribué" qui devait être créé à son attention. En guise de lot de consolation, son dauphin-successeur l'a nommé "Président honoraire en charge des relations internationales et du projet NEO". Voilà qui lui permettra de rentrer des notes de frais et d'effectuer quelques beaux voyages à l'étranger durant sa retraite. C'est bien le moins que le parti socialiste pouvait faire pour le remercier d'avoir été un très populaire bourgmestre (gros porteur de voix) durant plus d'une décennie et de s'être retiré de la vie politique avant la fin de son mandat.

Coup de chance

Une autre "Présidence" de premier choix se libèrait au conseil d'administration de VIVAQUA (Production & distribution d'eau potable - Assainissement des eaux usées).
Selon les journalistes de "La Capitale", ce serait même l'un des plus lucratif mandat dans une entreprise publique bruxelloise : 46.000 € bruts par an (soit +/- 3.200 € nets /mois). 
Le fauteuil était occupé par Sevket Temiz, conseiller communal PS, qui avait été élu député au Parlement bruxellois et il revenait de droit (?!) à un autre élu socialiste bruxellois.
On sait que la répartition des mandats rémunérés dans les entreprises publiques fait l'objet d'âpres négociations post-électorales (Sur l'air connu de..."Je te laisse celui-là, tu me donnes celui-ci..mais, je dois en avoir deux de plus que toi") et s'inscrit dans les accords de majorité.

Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles-Ville depuis décembre 2013, soigne ses arrières financiers en prenant la présidence du conseil d'administration de VIVAQUA (Production-distribution d'eau potable et assaissement des eaux usées) - Bruxelles-Bruxellons


La nomination du nouveau président est entérinée fin juin chez VIVAQUA

Une dizaine de jours plus tard, elle est officiellement confirmée lors d'un conseil communal qui se tient à huis clos mais ne fait bizarrement l'objet d'aucun commentaire de la part de l'intéressé ou de son cabinet. 
Visiblement "mal à l'aise", ils ont opté pour une discrétion de bon aloi.
L'embarras général manifeste venait des explications fournies au conseil communal. Déclarer que ce mandat était en quelque sorte "intérimaire" en attendant que le bourgmestre retrouve (éventuellement) un siège à la Chambre, c'était reconnaître implicitement qu'il s'agissait avant tout de lui garantir un petit revenu complémentaire...en attendant mieux.

En tant que bourgmestre-député fédéral, il n'aurait pas pu cumuler trois casquettes rémunérée (*) et aurait forcément dû laisser tomber celle de président du conseil d'administration de VIVAQUA. 
Autrement dit, cela revenait à confier une fonction importante dans une entreprise publique de premier plan à quelqu'un qui, s'il en avait eu l'opportunité, n'aurait pas hésité une seconde à l'abandonner quelques mois plus tard pour un mandat plus rémunérateur. 
Bonjour la motivation !

Bien qu'aucune de ces pratiques ne soit contraire aux lois et conventions en vigueur, cela laisse pourtant une désagréable impression de "combines & marchandages" qui laissent plus de place aux intérêts personnels qu'à ceux de la collectivité. Politique et éthique...ces deux mot ne font décidément pas bon ménage.

Jipé

A LIRE AUSSI...

L'intéressante enquête de Soraya Ghali  "Comment Yvan Mayeur a-t-il pris le pouvoir à Bruxelles ?" 


Début novembre 2013, lorsque Philippe Defeyt, Président du CPAS de Namur, avait annoncé sa décision de diminuer sa rémunération de 20%, cela avait suscité une réaction assez révélatrice de la part de son collègue Yvan Mayeur (à l'époque, il était encore Président du CPAS de Bruxelles-Ville). 
Il n'avait pas hésité à déclarer publiquement : "c'est une mauvaise idée, un mauvais signal, une erreur politique, voire philosophique ".



(*) Restrictions du cumul des mandats pour les ministres, députés et sénateurs
La loi établissant des incompatibilités et interdictions concernant les ministres, anciens ministres et Ministres d’Etat, ainsi que les membres et anciens membres des Chambres législatives, stipule  que « le mandat de membre de la Chambre des représentants ou de sénateur ne peut pas être cumulé avec plus d’un mandat exécutif rémunéré ».
Sont considérés comme mandats exécutifs rémunérés au sens de l’alinéa précédent :
  •  1° les fonctions de bourgmestre, d’échevin et de président d’un conseil de l’aide sociale, quel que soit le revenu y afférent.
  •  2° tout mandat exercé au sein d’un organisme public ou privé, en tant que représentant de l’Etat, d’une Communauté, d’une Région, d’une province, d’une commune, pour autant que ce mandat confère davantage de pouvoir que la simple qualité de membre de l’assemblée générale ou du conseil d’administration de cet organisme, quel que soit le revenu y afférent (… )

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