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BRUXELLES D'ANTAN, D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN
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samedi 7 septembre 2013

L'Eldorado bruxellois - Un siècle d'histoires sur l'écran




Pour la petite histoire...
Des années 1900 aux années 2000

1907 - 1933
S'il est né en 1933, l'Eldorado s'est installé à l'emplacement d'une salle existante, le "Cinéma Américain", apparu sur la place De Brouckère au tout début du siècle (le premier permis de bâtir date du 07/11/1906  - Ouverture en 1907). Rebaptisé "Cinéma des Princes" (permis de bâtir 30/10/1915 - Ouverture en 1916) il est ensuite repris par Monsieur Marlant (déjà propriétaire du Cinéma des Galeries et du Victoria Palace) qui décide de le transformer complètement et confie le projet à l'architecte Marcel Chabot. Les travaux sont d'importance et s'étalent sur plus de deux ans (De 1931 à l'été 1933). Le cinéma occupe dorénavant toute la profondeur du pâté de maison, jusqu'à la rue de Laeken. La grande salle de 2.750 places, drapée dans ses décors théâtraux d'inspiration africaine, va connaître ses années de gloire.



Photo de gauche: film à l'affiche  "La Garçonne" réalisé par Jean de Limur - Sorti en 1936
(Avec Marie Bell, Arletty, Edith Piaf...musique Jean Wiener)
Photo de droite: film à l'affiche "Le dernier des 6" réalisé par Georges Lacombe - Sorti en 1941
(Avec Pierre Fresnay, Suzy Delair -  Scénario d'après l'écrivain belge Stanislas-André Steeman)
Enttre ces deux dates, la façade et l'entrée de l'Eldorado ont été complètement transformées

1938
Cinq ans à peine après son inauguration, sous la houlette de ses nouveaux propriétaires (La société qui a fait construire et exploite le célèbre cinéma REX d'Anvers, considéré à l'époque comme l'une des plus belles salles d'Europe), il est à nouveau remis en chantier.
Cette fois, il ne s'agit pas de toucher à la salle, les travaux confiés à l'architecte Léon Stynen concernent le réaménagement de la façade, l'accueil et les guichets, le foyer et les vestiaires ainsi que les escaliers d'accès aux balcons.
Encadrée par deux imposants piliers de soutènement habillés de granit, la nouvelle entrée est monumentale. Telle une "bouche béante", elle est très largement ouverte sur la place, pavée de mosaïque et surmontée d'une grande marquise débordante. Un hall intérieur chaleureux, recouvert de tapis rouge, se dévoile à travers les portes vitrées et le grand escalier, qui prend son départ à l'extérieur, semble inviter les passants à monter directement aux balcons. Dans le foyer, en face des vestiaires, le mur accueille une fresque peuplée d'arlequins et de funambules stylisés, peinte par l'artiste Julien Van Vlasselaer (1907-1982).
Ce bel exemple "d'architecture-marketing" vise à capter le regard des chalands et à les attirer directement dans l'entrée sans qu'ils doivent franchir le barrage d'une porte.
L'Eldorado profite de la visibilité exceptionnelle sur cette place très fréquentée pour mieux concurrencer le superbe cinéma Métropole qui a été inauguré en 1932, dans la rue Neuve toute proche.

Film à l'affiche : "L'adorable voisine" avec James Stewart
Réalisé par Richard Quine (USA) - Sorti en Europe en 1959

Photo de gauche : "Le retour des 7 mercenaires" avec Yul Bryner
Réalisé par Burt Kennedy (USA) - Sorti en 1966
Photo en haut à droite : libération de Bruxelles en septembre 1944
Les camions de l'armée américaine stationnent devant le cinéma Eldorado

Une guerre mondiale et trois décennies plus tard, la face du monde et celle du cinéma ont bien changé. Dès la fin des années 60, les grandes salles uniques ont de plus en plus de mal à faire le plein de spectateurs sur une seule affiche. En parallèle, la production cinématographique s'est démultipliée . La tendance commerciale est dorénavant de proposer un choix de plusieurs films programmés dans différentes salles situées au même endroit.

1974
Le saccage iconoclaste...
En dédoublant l'espace avec une salle à l'étage (au niveau des balcons) et d'autres au rez-de-chaussée, les travaux de transformation amputent irrémédiablement la partie inférieure des bas-reliefs, sans le moindre respect pour l'œuvre d'origine. Les sculpteurs Wolf et Van Neste ont dû se retourner dans leurs tombes respectives . Ô Miracle, ces "architectes-décorateurs" iconoclastes n'ont pas jugé utile de les détruire complètement et ils ont même daigné conserver les ornementations du plafond (Sans doute par souci d'économie...pour ne pas devoir refaire du neuf). 

1977 - 1978
Trois ans plus tard, il annexe son voisin, le cinéma SCALA, et subit une nouvelle transformation hasardeuse, on lui adjoint une huitième salle et le hall d'entrée est, une fois de plus, modifié. Mais on est bien loin des grandes ambitions architecturales et décoratives des années 30.
L'Eldorado y a définitivement perdu son âme.

1991
Triste fin d'une longue aventure ?
Depuis que son concurrent historique, le fameux "Cinéma Métropole", a fermé ses portes en 1982, sacrifié sur l'autel du commerce (Son hall d'entrée était orné d'une superbe fresque du célèbre sculpteur russe Ossip Zadkine); c'est l'un des derniers "vestiges" des prestigieuses salles de cinéma bruxelloises d'antan. Neuf ans plus tard (le 8 janvier 1991) c'est à son tour de mettre la clef sous le paillasson.

RENAISSANCE...







1992
Déjà propriétaire de l'Acropole (UGC Toison d'Or) dans le haut de la ville, le puissant groupe français cherche à renforcer sa position à Bruxelles. Il rachète le défunt Eldorado et s'engage à lui donner un nouveau souffle en le rénovant complètement.
En donnant naissance au complexe moderne de 12 salles que nous connaissons actuellement, les dirigeants d'UGC vont aussi s'attacher à sauver ce qui peut encore l'être de la majestueuse salle de 1933.
Non seulement les bas-reliefs et les ornementations du plafond ont été préservés mais ils ont fait l'objet d'une restauration de qualité et d'une mise en valeur par l'éclairage...qu'il faut saluer.

1994
L'ensemble de la salle et des décors ont d'ailleurs été honoré d'un classement par la commission des Monuments & Sites en avril 1994; la "belle au bois dormant" s'est subitement réveillée...mais 20 ans trop tard !

Entre le petit "Cinéma américain" des débuts et la salle du "Grand Eldorado" d'aujourd'hui, en un peu plus d'un siècle, combien d'histoires comiques, dramatiques ou romantiques, n'ont-elles pas défilées sur l'écran ? N'est-ce pas un peu ça aussi...la magie perpétuelle du cinéma ?
Jipé




2 commentaires:

  1. En ce qui concerne le Cinema Americain : demande de permis de bâtir 07/11/1906 n'ouvre qu'en 1907 .Pour le Cinema des Princes : demande 30/10/1915 ouvert en 1916.C'est en 1977 que l'Eldorado annexe le Scala.

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  2. Un grand merci pour ces précisions utiles dont je vais bien sûr tenir compte.
    je vous souhaite une excellente semaine.
    Cordialement, bien à vous.
    jipé

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